Infolinks

Google Recherche

mardi 9 février 2010

Grèce : confusion autour d'une aide des pays de la zone euro.

Les gouvernements européens ont conclu un accord de principe pour soutenir la Grèce et envisagent plusieurs options pour cela, dont une aide bilatérale, a-t-on appris auprès d'une source de premier plan de la coalition gouvernementale au pouvoir en Allemagne.
"La décision d'aider la Grèce a été prise en principe au sein de la zone euro", a dit cette source.
Un porte-parole du gouvernement allemand a toutefois déclaré que ces informations étaient infondées.
Les propos de la source gouvernementale constituaient un premier signe sans ambigüité indiquant que l'Allemagne était prête à prendre des mesures pour écarter une crise de confiance vis-à-vis du bloc de la zone euro, qui a pesé jusqu'ici sur l'évolution des marchés financiers.
D'autant plus que, selon le Financial Times Deutschland, l'Allemagne prépare un dispositif d'aide pour la Grèce et envisage à la fois une aide bilatérale et des mesures convenues au niveau européen.
"Si la Grèce reçoit une aide, ce sera seulement à des conditions strictes et en échange d'une réforme en profondeur de l'Etat par le gouvernement grec", ajoute le FTD en citant Michael Meister, haut responsable du parti conservateur CDU. "Un euro stable est la première priorité pour les conservateurs".
Auparavant, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia avait attisé les spéculations sur les marchés, en déclarant: "J'aimerais que les dirigeants européens disent aux autorités grecques qu'en échange de leurs efforts, elles auront notre soutien".
FORTE RÉACTION DES MARCHÉS
Suite aux propos de la source gouvernementale allemande les marchés financiers ont fortement réagi.
L'euro qui était tombé à un plus bas de près de neuf mois face au dollar vendredi à cause des inquiétudes entourant la situation budgétaire de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne, est remonté à près de 1,38 dollar.
En outre, les principales Bourses européennes qui avaient initialement clôturé en territoire négatif, ont finalement fini en hausse lors de la brève période d'ajustement de fin de séance.
La Bourse d'Athènes a fini en hausse de près de 5% et l'indice local des banques affichait en clôture un bond de plus de 8,6%.
Sur le marché obligataire, l'écart de rendement (spread) entre les emprunts d'Etat grecs à 10 ans et leur équivalent allemand refluait à 322 points de base contre 365 points lundi soir, une détente également sensible sur les emprunts portugais et espagnols.
Jusqu'aux propos de la source allemande, la nervosité était palpable sur les marchés. Certains spéculaient alors sur de possibles initiatives visant à apaiser les tensions liées aux finances publiques grecques lors du sommet européen de jeudi, alors que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet avait avancé son retour d'Australie pour assister à ce sommet.
LES DESSOURS DU PLAN D'AUSTÉRITÉ GREC
Un porte-parole de la BCE avait pourtant minimisé l'importance de ce retour avancé en évoquant des raisons logistiques, tandis que plusieurs dirigeants européens ont de nouveau appelé les autorités grecques à résoudre elles-mêmes leurs problèmes.
Le gouvernement de Georges Papandréou ne les a pas attendus puisqu'il a dévoilé plusieurs des mesures phares de son plan d'austérité, parmi lesquelles figurent l'élargissement de l'assiette de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu et le non-remplacement de quatre fonctionnaires sur cinq partant en retraite à partir de 2011.
Les tensions au sein de la zone euro ne sont pas inscrites formellement à l'ordre du jour du conseil européen de jeudi mais elles y seront rajoutées et largement débattues, ont dit plusieurs responsables.
Un diplomate de l'Union a expliqué que le sommet pourrait se conclure par un communiqué affirmant le soutien de l'UE à la Grèce mais il a précisé que le texte devrait s'abstenir d'évoquer une aide et qu'il devrait s'en tenir aux déclarations antérieures de la Commission et de la BCE.
Les quelque 60 économistes interrogés par Reuters estiment à 25% seulement la probabilité de voir la Grèce demander une aide financière d'ici un an.
Les mesures détaillées mardi par le gouvernement grec doivent contribuer à ramener d'ici 2012 le déficit budgétaire d'Athènes sous le plafond de 3% du produit intérieur brut (PIB) fixé par l'UE, contre 12,7% l'an dernier.
L'agence de notation Fitch a d'ailleurs enjoint la Grèce, dont la réforme fiscale devrait être soumise au Parlement dès la semaine prochaine, à résoudre ses problèmes budgétaires dès maintenant.
Le premier ministre français François Fillon a lui déclaré que la France faisait confiance à la Grèce pour qu'elle applique son programme d'austérité budgétaire et regagne rapidement la pleine confiance des marchés.
De son côté, Ewald Nowtotny, l'un des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE, a expliqué lors d'un entretien au site FT Alphaville, qui dépend du Financial Times, que le mandat de la BCE l'empêchait d'intervenir pour aider la Grèce ou tout autre Etat membre.
avec Angeliki Koutantou à Athènes, Véronique Tison et Sophie Louet à Paris, Matthias Sobolewski et Paul Carrel à Berlin, Marc Angrand, Wilfrid Exbrayat, et Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire