Infolinks

Google Recherche

lundi 22 février 2010

Les pilotes de Lufthansa font grève pour quatre jours.

Les pilotes de Lufthansa ont engagé ce lundi la grève la plus importante dans l'histoire du transport aérien allemand. Deux-tiers des vols sont annulés, et la facture s'éleverait à 100 millions d'euros pour le groupe.

Les pressions sociales ne sont pas une exception française. En Allemagne, ce sont les pilotes de la Lufthansa qui revendiquent l'assurance du maintien de leur travail dans la compagnie aérienne et des conditions salariales égales pour tous.
Plus de 4.000 pilotes de la Lufthansa et des filiales GermanWings et Lufthansa Cargo, regroupés au sein du syndicat Cockpit (VC), font grève, depuis dimanche minuit, jusqu'à jeudi minuit, dans les deux grands aéroports de Francfort et de Munich. Quatre jours qui verront annuler quelque 3.200 vols, soit les deux-tiers, et qui pourraient bien coûter 100 millions d'euros au premier groupe aérien européen, qui dit déplorer «les désagréments qui seront causés aux passagers», par ce qui est présenté comme le plus important mouvement de grève dans l'histoire du transport aérien allemand.
La compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn a indiqué vendredi s'être préparée à transporter la semaine prochaine une partie des passagers de Lufthansa.

Dialogue de sourds entre syndicats et dirigeants:
La compagnie a réitéré dans l'après-midi sa volonté de «régler le conflit lié à la convention salariale avant le début de la grève». «Nous sommes ouverts aux discussions sans condition préalable», a affirmé le porte-parole du groupe, Klaus Walther, estimant que «si le VC retirait son catalogue de revendications irréalisables et illégales (...) un accord pourrait être trouvé rapidement».
Pour le porte-parole de Cockpit, la Lufthansa pose elle-même une «condition préalable complètement irréaliste».
L'organisation Cockpit souhaite que tous les pilotes du groupe, y compris ceux de ses filiales à l'étranger, bénéficient des mêmes conditions salariales, ce que la Lufthansa rejette. Les pilotes craignent aussi des pertes d'emplois à l'avenir au motif que la compagnie confie de plus en plus de ses vols à des filiales étrangères qui offrent un niveau de rémunération plus bas que celui du groupe.
«L'affirmation que la Lufthansa délocaliserait des postes relève de la pure invention», a répété Klaus Walther, faisant valoir que la stratégie d'alliances aériennes, avait créé «20% de postes de pilotes supplémentaires chez Lufthansa».
Sur la chaîne de télévision privée n-tv, le ministre des Transports, Peter Ramsauer, a appelé dimanche soir les deux parties à discuter «demain ou après-demain» en dépit de la grève.

L'espoir du même sort qu'IG Mettal:
Vendredi dernier, les syndicats d'IG Mettan ont renoncé à des hausses de salaire en échange de garanties sur l'emploi. Ainsi, un accord entre syndicat et patronat a permi d'éviter la grève et les manifestations.
Cet accord, qui court jusqu'en avril 2012, ne vaut que pour la Rhénanie mais doit servir de modèle aux négociations similaires qui ont lieu en Bade-Wurtemberg. Là-bas se trouve entre autres le siège de Daimler, très touché par la crise.
Volkswagen, en Basse-Saxe, a déjà tiré parti de la situation : dans un contrat passé début février avec ses salariés, le constructeur automobile a accepté de garantir l'emploi jusqu'en 2014 en échange d'un accroissement de la productivité de 10 % par an.
Les pilotes de Lufthansa doivent espérer que le modèle sera bel et bien appliqué chez eux...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire