Mots clés : négociations, reclassement, délocalisation, FRANCE, SAINT-CHAMOND, Philippe Kizirian, Bernahrd Fonseka, Christian Paris, Anne Bobinet, SIEMENS VAI MT.
Deux cadres sont retenus par des salariés du site de Saint Chamond qui doit fermer ses portes dans les prochains mois. Les discussions ont repris mais les syndicats réclament la présence du président de Siemens France. Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, réclame la libération des deux dirigeants.
Alors que deux cadres du groupe Siemens VAI MT (spécialisé dans l'étude et la construction de matériel pour la sidérurgie), Anne Bobinet, directrice des ressources humaines et Christian Paris, directeur administratif et financier, sont séquestrés depuis lundi soir par les salariés dans les locaux de l'entreprise du site de Saint-Chamond (Loire), les négociations ont repris entre les deux parties, à 9 heures, ce mardi matin. «La direction se félicite que le dialogue ait repris entre les deux parties » affirme une porte-parole du groupe allemand au figaro.fr.
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a réclamé la libération des deux salariés de Siemens. «Je refuse la violence, surtout qu'il y a un plan social qui est négocié, que nous avons reçu à mon cabinet les salariés de Siemens pour regarder quelles étaient les solutions d'avenir pour la revitalisation de ce bassin d'emploi», a-t-il déclaré sur les antennes de France Inter. «Je le dis : il ne peut pas y avoir de négociation dans la violence. Partout où nous avons trouvé des solutions c'est parce qu'on n'a pas utilisé la violence», a-t-il ajouté sur France Inter. «Je suis prêt à accompagner les salariés de Siemens qui sont concernés et je leur dis : ‘libérez les responsables'».
Mais les syndicats sont très déterminés, exigeant la nomination d'un «interlocuteur valable », à savoir la présence du président de Siemens France, Bernhard Fonseka. Ce dernier n'avait pas fait le déplacement lundi. «Il doit signer un contrat de vente avec un prospect très important, justifie la porte-parole de Siemens VAI MT. Il a prévu de s'assoir à la table des négociations aujourd'hui. Il avait prévenu les syndicats et les salariés de son absence ».
Les salariés protestent depuis six mois contre le projet de fermeture du site de Saint-Chamond (Loire) où travaillent 370 personnes. Siemens souhaite en effet fusionner ce site avec celui de Montbrison, distant de quarante kilomètres de Saint-Chamond et qui regroupent 250 salariés. Sur les 620 postes, 274 seraient supprimés. «Nous devons faire face à un contexte économique très difficile: le marché mondial des métaux a baissé de plus de 40%, l'an passé. Nous sommes conscients des inquiétudes que suscitent ces mesures, mais nous pensons qu'elles vont nous permettre de construire un projet industriel pérenne » explique la porte-parole de Siemens VAI MT.
La fusion entre les deux sites ne rassure pas plus que cela le maire de Saint-Chamond. «Siemens a construit le même type d'usine en Chine. Nous craignons que le site de Montbrison soit délocalisé en Chine. Je me suis rendu à l'Elysée, cinq fois dans les ministères, j'ai écrit à la Chancelière allemande Angela Merkel. Depuis six mois, rien n'a bougé. A l'heure où l'on parle de grands chantiers industriels avec le grand emprunt, il faut une intervention politico-économique. J'irai devant la Commission européenne, s'il le faut» menace Philippe Kizirian.
Vers une délocalisation en Chine ?
Siemens prévoit des mesures d'accompagnement volontaires pour ceux qui refuseraient de travailler à Montbrison. «Durant un congé de reclassement de neuf mois, leurs revenus seront maintenus à 100%. Par ailleurs, nous les soutiendrons dans leurs recherches d'emploi. Le montant total des indemnisations s'élèvent à 83.000 euros par personne, soit l'équivalent de 20 mois de salaire, en moyenne» poursuit la porte parole de Siemens.
La firme réfléchit également à des opportunités dans d'autres activités économiques dans le bassin. Une réunion doit avoir lieu aujourd'hui ce matin à Saint-Etienne entre la direction de Siemens VAI MT et des élus économiques locaux. «Compte tenu de la situation financière de Siemens, la direction pourrait faire le dos rond pour éviter cette situation, affirme le maire de Saint Chamond. La fermeture de ce site serait un séisme pour la ville. Il y a quatre ans, 700 emplois ont été supprimés chez Giat. Ajoutés aux 274 chez Siemens, cela fait beaucoup pour une ville de 36.000 habitants».
Si les deux parties espèrent que les négociations aboutiront à un accord d'ici à ce soir, le maire de Saint-Chamond est un peu moins optimiste et estime que les négociations pourraient durer encore deux à trois jours.
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