Les fonds d'investissement ont été mis à rude épreuve en 2009. L'activité est restée atone, les entreprises qu'ils avaient rachetées avec un très important recours à l'emprunt (technique du LBO) ont affronté un contexte difficile, et leurs clients ont eu toutes les peines du monde à tenir leurs engagements.
Si certains ont pu tirer leur épingle du jeu au second semestre, grâce au rebond des obligations et des actions, pour d'autres, l'embellie est arrivée trop tard. Le secteur va commencer la nouvelle décennie par une purge qui permettra de séparer le bon grain de l'ivraie.
L'année 2010 sonnera peut-être le glas des quelques fonds en difficulté. Les acteurs plus récents - surtout ceux qui ont levé des capitaux en 2005 - auront bien du mal à convaincre leurs clients que les médiocres résultats constituent une bonne performance.
Personne ne sera à l'abri, pas même les sociétés établies de longue date. Les trente ans de métier du britannique Candover ne l'ont pas empêché de devoir clore prématurément sa toute dernière campagne et, à défaut de lever de nouveaux capitaux, il devra fermer ses portes. Ses chances de réussite semblent bien minces. D'autres spécialistes expérimentés, comme TPG, ont déjà restitué des commissions à leurs clients. Ce type de mesures exceptionnelles est amené à se développer l'année prochaine si les sociétés de capital investissement peinent à produire des résultats.
Des sociétés plus solides, comme Blackstone, en sortiront gagnantes. Le groupe coté dirigé par Stephen Schwarzman rencontre des difficultés avec son gros portefeuille d'immeubles de bureaux, dont la valeur a souffert de la déroute de l'immobilier professionnel. Mais Blackstone a aussi réussi à vendre certains actifs avec profit, et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin : il est prévu que Travelport et Merlin Entertainment entrent en Bourse en Europe en 2010.
De même, les fonds d'investissement KKR et Apollo devraient parvenir à se procurer des capitaux frais et à accéder aux ressources du marché boursier dès qu'elles seront cotées à New York, courant 2010.
Ce n'est pas une mauvaise chose que le périmètre du secteur se restreigne. L'abondance d'argent bon marché engendrée par la bulle du crédit avait permis à trop de sociétés de lever des volumes de capitaux démesurés, pour financer des opérations bancales. Au vu des performances décevantes, les investisseurs ne manqueront pas de se montrer plus pointilleux pour distinguer les vrais professionnels des amateurs.
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