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vendredi 5 mars 2010

Le Canada, le pays du G7 le plus résistant à la crise, hésite entre rigueur et relance.

Les Canadiens ont certes goûté à la crise, avec des effets à long terme sur les finances publiques, mais leur pays, qui a émergé de la récession au troisième trimestre 2009, a affiché une croissance de 5 % au quatrième et conserve une bonne longueur d'avance sur ses collègues du G7. Le ministre des finances canadien, Jim Flaherty, s'est vanté de cette place en présentant, jeudi 4 mars, son cinquième budget, qui donne "priorité absolue" à un plan de relance de 46 milliards de dollars canadiens, (près de 33 milliards d'euros) dont 19 milliards restants pour 2010.
Contrairement à son voisin états-unien, le Canada a conservé un secteur financier robuste (qui a traversé la crise sans aide étatique et en accumulant des profits) et une demande intérieure soutenue qui a compensé, en partie, une baisse de 14 % des exportations en 2009. Pour l'avenir, M. Flaherty table sur une reprise mondiale pour conserver au Canada sa place de leader du G7 en matière de croissance.
S'il refuse de prendre des mesures draconiennes de lutte contre les déficits, c'est aussi parce qu'il espère que la croissance mondiale confortera l'économie canadienne. En attendant, il impose seulement un léger régime minceur à l'appareil gouvernemental, avec le gel des budgets ministériels et des salaires des ministres et parlementaires.
La marge de manoeuvre du gouvernement conservateur de Stephen Harper, toujours minoritaire, demeure tout de même étroite, coincé qu'il est entre la réalité des chiffres et ses promesses de ne pas hausser taxes et impôts comme d'épargner la santé, l'éducation et les retraites, du moins pour l'instant.
L'ex-champion des excédents budgétaires a affiché en 2009 un déficit record de 54 milliards de dollars canadiens. Même avec une croissance soutenue, le gouffre devrait encore se creuser de 49 milliards en 2010, puis de 28 milliards en 2011, sans espoir de retour à un équilibre avant 2015.

Un "refuge":
M. Flaherty a tout de même beau jeu de rappeler que le Canada demeurera en 2010 le pays du G7 ayant "le ratio de la dette au produit intérieur brut le plus bas", à 31 % contre 67 % aux Etats-Unis, 75 % en Grande-Bretagne. Avec cette dette "limitée", une cote de crédit solide, des banques en bonne santé, un dollar canadien assez fort et un faible taux d'imposition des entreprises, le pays attire de plus en plus d'investisseurs étrangers. Au point que certains, dont la banque CIBC, commencent à parler du Canada comme d'un "refuge".
Signe des temps : le gouvernement qui maintenait des règles limitatives pour les investisseurs étrangers vient d'annoncer des assouplissements pour "s'ouvrir davantage au capital de risque et à l'investissement étranger dans des secteurs clés", comme les mines, les télécommunications, les satellites et l'extraction d'uranium.

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