La livre sterling chute alors que l'économie britannique est chancelante.
La livre sterling chute, alors que se profilent des élections législatives serrées au Royaume-Uni et que l'économie britannique est chancelante. Les risques sont grands ; tout comme les craintes à l'égard d'une livre faible. Or, aucun responsable ne semble pouvoir éviter sa dégringolade jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement voie le jour.
Un récent sondage d'opinion indiquait que les travaillistes au pouvoir pourraient rester la première formation au Parlement (à l'issue des législatives prévues au printemps). La livre a alors immédiatement baissé de 3 centimes par rapport au dollar.
Au même moment, l'assureur britannique Prudential projetait le rachat des activités asiatiques de l'assureur américain AIG, pour 35,5 milliards de dollars (26 milliards d'euros), impliquant la vente d'une grande quantité de livres sterling. Mais la cause profonde de la faiblesse de la devise britannique tient à une mauvaise combinaison : un énorme déficit public, des incertitudes électorales et le risque d'un retour de la récession et du financement des déficits par la planche à billets.
Sinistre perspective:
Les problèmes politiques sont graves, car malheureusement les déficits publics requièrent une attention qu'ils n'obtiendront pas. Alors que l'Irlande, la Grèce et l'Espagne réduisent leurs dépenses, le Royaume-Uni débat encore autour du choix d'une date pour amorcer des coupes budgétaires.
Un nouveau Parlement sans majorité absolue pourrait ne pas être une si mauvaise chose, étant donné le consensus sur la nécessité d'une baisse des dépenses publiques. Mais les marchés y voient une sinistre perspective. Si la course électorale reste serrée, la livre devrait donc baisser à nouveau.
L'économie suffirait à elle seule à faire glisser la livre de plus belle. La croissance de 0,3 % enregistrée au quatrième trimestre de 2009 reste peu encourageante. Avec des hausses, en janvier, de la TVA et de la taxe britannique sur le droit de timbre, le danger pourrait venir aussi d'une baisse des dépenses des ménages et d'une chute des prix de l'immobilier, couplées avec un retour de la récession.
La Banque d'Angleterre ne cache pas ses inquiétudes et pense déjà à relancer la planche à billets. Ce qui, en soi, ajoutera à la faiblesse de la livre sterling.
Certes, une monnaie faible pourrait bien aider à la reprise économique. Les obligations d'Etat s'en trouveraient affaiblies. Et si leurs rendements s'envolaient, le gouvernement serait obligé de corriger immédiatement le déficit. La Banque d'Angleterre devrait elle aussi faire face à un autre dilemme. En effet, ses achats d'obligations sont destinés à maintenir les rendements obligataires faibles, mais la planche à billets produit l'effet inverse.
La livre sterling pourrait bien tomber sous son niveau plancher depuis 2009, à 1,40 dollar. Et même plus, si la panique s'installait sur les marchés obligataires. La monnaie va donc se transformer en baromètre de la météo politique et économique au Royaume-Uni. Des perspectives mouvementées.

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