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vendredi 23 avril 2010

L'Oréal veut devenir encore plus «éthique».

L'Oréal met en avant ses efforts pour développer des produits sans
 impact néfastes sur l'environnement.


L'Oréal met en avant ses efforts pour développer des produits sans impact néfastes sur l'environnement.Mots clés : Cosmetique, PARIS, L'Oreal.

Le leader mondial des produits de beauté souhaite renforcer le développement des méthodes alternatives aux expérimentations animales et accentuer la recherche au niveau environnemental. Un objectif qui pourrait passer par de nouveaux partenariats.
«C'est l'une de nos plus grandes fiertés». Patricia Pineau, directrice communication scientifique de L'Oréal, ne tarit pas d'éloges sur les 3.313 chercheurs du groupe qui sont parvenus à mettre au point des modèles poussés de peau humaine reconstruite. Le géant des cosmétiques, qui fait des méthodes de recherche alternatives son cheval de bataille depuis 1989, a profité d'une visite de presse dans son centre de recherche d'Aulnay-sous-Bois pour évoquer ses objectifs «éthiques». Conclusions: les méthodes alternatives et la protection de l'environnement deviennent sa priorité pour les années à venir.
Les travaux, débutés à la fin des années 80, permettent aujourd'hui à L'Oréal de fabriquer in vitro de la peau, âgée ou pigmentée, à partir de fibroblastes qui synthétisent du collagène et d'autres molécules. Ces peaux, utilisées pour tester les cosmétiques, sont fabriquées par Episkin, filiale à 100% de L'Oréal depuis 1997, puis commercialisées par Skinethic, société rachetée en 2006 pour un peu moins de 6 millions d'euros. Les épidermes reconstruits sont commercialisés sous la forme de plaques de 12 puits à 45 euros l'un.
Le groupe accentue aussi ses recherches en matière d' «ecoconception». «20% des eaux d'égouts qui contiennent des produits échappent aux stations d'épuration biologique», explique Marc Leonard, chargé des recherches en ecotoxicité. «Nous mesurons la bioaccumulation dans le poisson. Ca ne nous intéresse pas de savoir qu'un produit se dégrade en deux mois si en deux jours, il a tué tout l'écosystème de la rivière».

«Renforcer les investissements»:
L'Oréal évoque «des millions d'euros» pour fabriquer les méthodes alternatives. Le test sur les poissons revient à lui seul à 100.000 euros. Sur les 25 dernières années, le géant des cosmétiques a consacré 600 millions d'euros aux modèles alternatifs ( moins de 25% du budget R&D annuel). Et les investissements ne vont pas s'arrêter là. Le budget R&D (609 millions d'euros en 2009) reste encore minime par rapport à celui de la publi-promotion (5,38 milliards d'euros), «mais cela a toujours été une croissance à deux chiffres et nous prévoyons encore de l'augmenter», explique Patricia Pineau.

Sous la pression européenne:
Comme le reste de la filière cosmétique, le groupe subit les pressions de la Commission européenne. La directive cosmétique adopté en 1976 et révisée en 2003 interdit définitivement l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques depuis 2009. Le délai est repoussé à 2013 pour des tests spécifiques de santé sur certains ingrédients. «L'Oréal ne teste plus les produits finis sur les animaux depuis 1989. Pour les ingrédients, on verra en 2013», tranche Patricia Pineau.
Autre pression : la régulation REACH (Voirencadré). Les efforts financiers que réclament les tests et l'enregistrement sont lourds pour les filières concernées. Rhodia les estime à 80 millions d'euros sur 10 ans. L'Oréal ne communique pas de chiffre mais le groupe participera au versement des 25 millions d'euros pour soutenir la filière cosmétique.

«Pacte de confiance»
Pour les organisations faisant campagne contre l'utilisation de l'animal en laboratoire, le tournant éthique de L'Oréal n'est pas si évident, et ces beaux discours agacent. «L'Oréal n'est pas en position de choisir quelles lois respecter selon les échéances de 2009 et de 2013 imposées par la directive sur les produits cosmétiques. Les ingrédients des produits cosmétiques ne devraient plus être testés dans l'Union européenne, et la seule exception relative aux tests effectués en dehors de l'UE est très restrictive et temporaire», lance Michelle Thew, directrice générale de la BUAV, principale organisation anti-vivisectioniste britannique qui héberge le secrétariat de la Coalition européenne pour mettre fin à l'expérimentation animale (ECEAE). Ces derniers exhortent la firme à plus de transparence envers les consommateurs sur la réalité des tests effectués sur les animaux.
«L'Oréal prétend être honnête avec le consommateur. Nous les mettons au défi d'apposer sur leur produit un label ‘testé sur les animaux'», ironise-t-on à la BUAV. «S'ils se sont vraiment engagés sur le chemin éthique, ils doivent consacrer un budget plus conséquent dans la recherche des méthodes alternatives et mettre fin à l'expérimentation animale à travers le monde”, explique Michelle Thew. L'enjeu séduction est important pour le leader mondial des cosmétiques qui vise un milliard de nouveaux clients dans les dix prochaines années.

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