La ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, propose «un nouveau pacte de confiance à l'industrie photovoltaïque».
Même si le moratoire puis les nouveaux tarifs et règles publiés en mars ne concernaient pas les particuliers, ce marché qui fait vivre des centaines de PME s'est «écroulé» selon Richard Loyen. Le représentant d'Enerplan rappelle aussi à NKM que les 300 mégawatts installés au premier trimestre 2011 sont des projets anciens arrivés à maturité mais qu'il n'y a plus de nouveaux projets «dans les tuyaux».
Résultat, pour le bureau d'études Fransolis fondé par Charles-Louis d'Utruy, une fois les centrales solaires en cours d'installation achevées, il n'y aura pas d'activité pendant douze mois, le temps de répondre aux nouveaux appels d'offres. Cette très petite entreprise (TPE) de deux personnes faisait appel pour installer des toitures solaires sur des hangars agricoles de 1.500 à 1.800 mètres carrés à d'autres PME et générait jusqu'à présent une trentaine d'emplois indirects. Charles-Louis d'Utruy envisage clairement de se reconvertir car les appels d'offres présentés par le gouvernement « favoriseront les grandes entreprises ».
Des voix discordantes:Dans cette ambiance généralement désenchantée où les professionnels reprochent au gouvernement de limiter le volume du marché, il existe des voix discordantes. Certes, «le message du moratoire n'a pas été positif, il a ralenti l'élan de beaucoup d'entrepreneurs», reconnaît Loïc de Poix, PDG de la société MPO qui opère une reconversion de son usine mayennaise de la fabrication de disques (CD et DVD) vers celle de cellules photovoltaïques à haut rendement. Dans le cadre du consortium PV20 soutenu par l'Institut national de l'énergie solaire (Ines) de Grenoble, Loïc de Poix prévoit de produire fin 2012 des panneaux solaires avec un rendement de 18,5% à 19% contre 15% pour nombre de produits sur le marché, qui le placerait dans les dix premiers rangs mondiaux.
Pour Loïc de Poix, proposer aux installateurs des panneaux performants made in France sera un atout pour répondre aux appels d'offres. L'entrepreneur rejoint Nathalie Kosciusko-Morizet sur la nécessité de redonner de la «visibilité» aux industriels mais pour lui, cela signifie dépasser les objectifs quantitatifs du Grenelle, en visant 15.000 à 20.000MW installés en 2020 au lieu de 5.400MW. A cet horizon, pronostique Loïc de Poix, le photovoltaïque aura atteint en France la «parité réseau», autrement dit n'aura plus besoin d'être subventionné.
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