Le géant américain est soupçonné d'orienter les recherches en priorité vers ses propres services.
Bruxelles hausse le ton sur la façon dont Google présente ses
résultats de recherche. Dans un entretien publié aujourd'hui par le Financial Times, Joaquin Almunia, commissaire européen à la Concurrence, s'offusque des pratiques mises en place par le moteur de recherche, notamment en Europe, où il gère plus de 90% des recherches.
Google
est soupçonné d'abus de position dominante de sa part dans la recherche
en ligne, en faisant apparaître prioritairement ses propres services
dans les résultats de recherche, au détriment de ses concurrents. «Nous
poursuivons notre enquête mais ma conviction est qu'ils détournent du
trafic, déclare Joaquin Almunia. Ils monétisent ce type de service, la
position forte qu'ils ont sur le marché général de la recherche et je
crains que ce soit non seulement une position dominante mais aussi un
abus de cette position dominante.»
Des pratiques «pas nuisibles pour les consommateurs» selon la FTC:
Après que Google a modifié ses algorithmes, la Federal Trade Commission (FTC) vient pourtant d'autoriser ses méthodes, mettant fin à une enquête qui durait depuis 2011. Jon Leibowitz, président de la FTC, a finalement déclaré que Google
avait «des raisons valables de promouvoir ses propres services
d'information» en ajoutant, en réponse à ceux qui accusaient Google de
vouloir éliminer la concurrence, que le «principal objectif était
d'améliorer la navigation de l'internaute».
Les
autorités ne sont donc pas sur la même position de part et d'autre de
l'Atlantique. Bruxelles est plus proche des positions des concurrents de
Google, à l'image de Microsoft, qui reproche à la FTC de ne pas être assez stricte avec le moteur de recherche.
L'UE attend de son côté des concessions, que Google doit présenter dans
le mois. «Le problème n'est pas l'algorithme mais la façon dont ils
présentent leurs propres services», insiste Joaquin Almunia.
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