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dimanche 13 janvier 2013

La réforme migratoire entre en vigueur lundi à Cuba.

Les Cubains bénéficieront à partir de lundi d'une réforme supprimant le "permis de sortie", une avancée majeure et très populaire en matière de voyages à l'étranger.
Depuis 1961, les Cubains désireux de se rendre à l'étranger devaient obtenir une autorisation spéciale, le coûteux "permiso de salida", et se prévaloir d'une lettre d'invitation à se rendre dans un pays étranger. Cet encadrement visait à stopper l'exode de Cubains fuyant la révolution castriste.
La réforme a été annoncée en octobre dernier dans le cadre de la politique d'ouverture mesurée que mène Raul Castro, au pouvoir depuis février 2008. A partir de lundi, pour la plupart des Cubains, il suffira de présenter un simple passeport pour quitter l'île.
La période pendant laquelle un Cubain peut résider à l'étranger sans perdre ses droits et ses biens est également porté de onze à 24 mois, avec possibilité de reconduction.
Mais la somme nécessaire pour obtenir un passeport va doubler, passant à l'équivalent de 100 dollars à partir de lundi. Ces derniers jours, avant l'entrée en vigueur de cette augmentation, des Cubains se sont précipités dans les offices des services de l'émigration pour se procurer un passeport.
Croisé dans une file d'attente, Ruben Osorio, 45 ans, propriétaire d'un petit café à La Havane et père de trois enfants, pense aller en Angola, où il s'est fait des amis lors des interventions militaires cubaines des années 1980, ou au Venezuela, où il a de la famille. Avec un objectif simple: gagner de l'argent.

"Je peux travailler autant que je veux ici, vendre autant de cafés que possible, jamais je ne gagnerais autant qu'en un mois dans un de ces deux pays", dit-il.
Amaryllis Cespedes, âgée de 22 ans, ne veut pas partir pour l'argent, mais pour passer du temps avec les membres de sa famille qui vivent depuis des années en République dominicaine. "Je veux voir ma famille, je veux rencontrer mon petit frère que je ne connais qu'en photo, découvrir qui il est, où il vit", dit-elle en souriant à l'évocation de son projet.


RESTRICTIONS:
Depuis sa publication, le décret-loi a évolué. Les médecins, initialement écartés de la réforme au nom de la protection du "capital humain" et du refus de la "fuite des cerveaux", ont finalement été autorisés à en profiter.
Mais le gouvernement conserve le droit de restreindre les déplacements à l'étranger pour raisons de sécurité nationale, d'intérêt public ou de "rôle économique vital".
On ignore notamment si les dissidents les plus connus seront autorisés ou non à profiter de cette réforme.
La blogueuse Yoani Sanchez, qui dit avoir essuyé 19 refus de visa par le passé, a annoncé la semaine passé via Twitter que sa valise était "prête pour un voyage AVEC RETOUR". "Pourrai-je partir ?", interroge-t-elle.
Christopher Sabatini, directeur de l'Americas Society à New York, appelle à la prudence. "Comme pour tout ce qui concerne les réformes à Cuba, attendons de voir. Les barreaux les plus répugnants ont peut-être été sciés, mais ils ont été remplacés par une laisse et les gens ne sauront jusqu'où ils peuvent aller que lorsque cette laisse se tendra", dit-il à Reuters.
La réforme ne devrait pas produire un exode massif. D'abord parce qu'avec un salaire mensuel moyen de l'ordre de 19 dollars, la plupart des Cubains n'ont pas vraiment de quoi d'offrir un voyage à l'étranger.

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