Infolinks

Google Recherche

mercredi 23 juin 2010

La Cour des comptes juge incontournable la hausse des prélèvements.

Le déficit et la dette continuent de croître. Tel est le message de la Cour des comptes à l'occasion de la publication de son rapport sur la "situation et les perspectives des finances publiques".
Le gouvernement a annoncé un plan de redressement de 100 milliards d'euros sur trois ans. Cela ne suffira pas, estiment les magistrats qui appellent à amplifier l'effort afin d'éviter un emballement de la dette.
La baisse du déficit en question Le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit public de 8 % du produit intérieur brut cette année à 6 % l'an prochain et à 3 % en 2013. La Cour met en doute ces prévisions. Elle estime que, "si aucune nouvelle mesure n'était mise en oeuvre", le déficit resterait "proche de 7 %" du PIB.
La Cour met surtout en avant la nécessité de "réduire" le déficit structurel (hors mesures fiscales et sociales liées à la crise et hors plan de relance) qui est "plus élevé que la moyenne européenne" : 5,7 % du PIB en 2010, contre 5 % en 2009. "Il faut le réduire d'au moins un point de PIB par an, soit 20 milliards d'euros, dit-elle, et cela passe par la hausse des prélèvements tout autant que par la baisse des dépenses." Agir sur les dépenses prend du temps alors qu'augmenter les recettes a un effet immédiat, précise-t-elle.
Croissance et recettes surestimées La Cour relève que les prévisions de recettes du gouvernement pour 2011-2013 sont surévaluées. Notamment parce que sa prévision de croissance est "optimiste". L'exécutif table sur une hausse de 2,5 % du PIB à partir de 2011. Il en attend 35 milliards d'euros de recettes. "Il est plus prudent d'estimer que la croissance potentielle sera de 1,8 %", dit la Cour qui juge aussi que le rapport entre la hausse des recettes et celle du PIB (l'élasticité) ne devrait pas être aussi fort que le prévoit le gouvernement.
De nouveaux efforts à faire sur les dépenses La Cour estime "nécessaire" une "très forte inflexion" de l'ensemble des dépenses publiques. Elle se dit "sceptique" sur l'hypothèse d'une progression limitée à +0,6 % par an entre 2 011 à 2013, comme l'envisage le gouvernement : "dans la réalité, on devrait être à + 1,7 %", note-t-elle.
"Avec ce qui a été annoncé à ce jour, on est très loin des 20 milliards d'euros par an pendant trois ans nécessaires pour réduire le déficit structurel. Il faut faire des efforts très fortement supérieurs", considère la Cour.
Elle suggère de réduire les dépenses fiscales et sociales (les niches) à hauteur de 10 milliards d'euros, alors que le gouvernement tablait jusqu'à présent sur 5 à 6 milliards d'euros sur trois ans.
La Cour des comptes préconise aussi la remise en cause, au bout de quatre ans, de la baisse de la TVA sur la restauration, comme l'autorise la loi de programmation. Cela permettrait de dégager en 2013 une économie de 3 milliards d'euros.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire