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mercredi 23 juin 2010

Les millionnaires investissent plus avec émotion qu'avec raison.

Pour ne faire mentir aucun vieux dicton, les très riches ne s'en sont pas mal sortis pendant la crise. Selon la quatorzième étude de Merrill Lynch et Capgemini sur la population mondiale la plus fortunée (dont le patrimoine dépasse le million de dollars, hors résidence principale et biens de consommation), rendue publique mardi 22 juin, les investissements "plaisir" de ces millionnaires n'ont pas chuté. "Depuis fin 2009, le marché des collections de produits de luxe comme l'art, le vin et les voitures a repris, avec des enchères à succès en Europe et en Amérique du Nord", affirme Laurence Chrétien, directrice de projet chez Capgemini Consulting.
Plus que jamais, les millionnaires, particulièrement les Européens, considèrent les collections d'art surtout comme "des alternatives à l'investissement financier". Les dépenses en santé, bien-être et voyages de luxe ont continué à progresser, tandis que les ventes d'articles de luxe ont, elles, chuté de 8 % à 227 milliards de dollars (185 milliards d'euros) en 2009.
S'ils dépensent beaucoup, ces millionnaires ont aussi augmenté l'an dernier leurs largesses et leurs allocations aux activités philanthropiques. Une tendance qui devrait encore croître dans presque toutes les régions sauf en Amérique du Nord "où les perspectives restent mitigées".
La fortune totale de ces 10 millions de millionnaires (en hausse de 17,1 % en 2009) était évaluée à 39 000 milliards de dollars en 2009, selon Gilles Dard, président de la gestion privée France et Europe de Merrill Lynch. Il s'agit bien d'un retour, tant en nombre qu'en patrimoine, aux niveaux de 2007. Si les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne regroupent 53 % des plus fortunés, le nombre des très riches Asiatiques devrait dépasser celui des Européens l'an prochain.
Pour rester millionnaires, ces derniers ont "réinvesti prudemment dans les marchés financiers", l'an dernier, privilégiant les placements à rendement garanti (à 31 %). Ils ont profité de la reprise des marchés boursiers (en investissant en moyenne 29 % de leurs placements), tout en diversifiant davantage géographiquement leurs portefeuilles.
Les investissements dans l'immobilier ont aussi retrouvé quelques faveurs. Selon cette étude, les Sud-Américains et les Japonais sont restés les plus conservateurs. Tous ont semblé "plus impliqués" dans leurs décisions d'investissement. Même si ces dernières ont été effectuées "davantage sur des facteurs affectifs et émotionnels" que sur un raisonnement logique. La part du rêve du millionnaire ?

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