Près de 4 milliards de tonnes de nourriture sont produites chaque année dans le monde, mais jusqu'à 2 milliards de tonnes ne sont jamais mangées, révèle une étude de l'Institut du génie civil basé à Londres.
Le chiffre est glaçant. La moitié de la nourriture produite chaque
année dans le monde finit directement à la poubelle. En cause, des
récoltes mal faites, des déficiences dans le stockage et le transport,
ou l'irresponsabilité des distributeurs et des consommateurs. «Un tel
niveau de gaspillage est une tragédie qui ne peut continuer si nous
voulons répondre avec succès et de manière durable à nos besoins
alimentaires», écrivent les auteurs de l'étude, de l'Institut du génie
civil de Londres.
• 1,6 million de tonnes de fruits et légumes
sont jetées chaque année par les distributeurs parce qu'ils ne
correspondent pas aux critères de taille et d'apparence exigés par
l'industrie agroalimentaire.
• De 30 à 50% de ce qui est acheté en supermarché finit à la poubelle.
Les Français jettent en moyenne entre 20 et 30 kg de nourriture par an.
Pour les auteurs de l'étude, ce gaspillage est la plupart du temps dû à
la mauvaise compréhension des mentions «à consommer de préférence
avant» et «date limite de consommation». La première est une indication
de qualité, tandis que la seconde implique des risques pour la santé en
cas de consommation après la date limite.
À l'inverse, dans les
pays moins développés d'Afrique subsaharienne ou d'Asie du Sud-Est, le
gaspillage est davantage lié à des récoltes mal effectuées ou à de
mauvaises conditions de stockage.
• 180 millions de tonnes de riz sont perdues chaque année en Asie du Sud-Est à cause des mauvaises conditions de stockage.
Ces
chiffres sont d'autant plus effrayants que l'ONU prédit l'arrivée en
2075 d'un pic de la population mondiale, à 9,5 milliards d'habitants, ce
qui signifie qu'il faudra nourrir 2,5 milliards de personnes de plus.
En France, le ministre délégué chargé de l'agroalimentaire Guillaume
Garot a lancé en décembre un plan de lutte contre le gaspillage, avec comme objectif de diviser par deux le nombre de déchets alimentaires d'ici à 2025.
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