Ski Pursuit est une application gratuite pour smartphone qui permet au skieur d'analyser ses descentes et ses performances.
Trois ans après avoir rapatrié sa production de Taïwan, l'entreprise renoue avec les bénéfices et embauche à Sallanches, en Haute-Savoie.
«On n'est pas des philanthropes. Le made in France
a de la valeur uniquement si on est compétitif. Nos matières premières
sont européennes, et la France est le pays qui présente le plus de jours
skiés dans le monde. Il est logique de rapprocher notre production du
bassin de consommation. On pourrait construire une usine en Chine, si le
marché du ski se développait fortement là-bas.» Cette vision du
«fabriqué en France», c'est celle de Bruno Cercley, PDG de Skis
Rossignol (mais aussi Dynastar, des fixations Look, et des chaussures
Lange), chez qui la production de 80 000 paires de skis (sur 900 000 au
total) a été relocalisée en France en 2010 après l'arrêt de sa
collaboration avec un sous-traitant taïwanais. En 2008, le groupe,
déficitaire de 68 millions d'euros, avait été racheté à Quiksilver par
le fonds australien Macquarie. En 2012, le groupe centenaire affiche un
résultat positif de 5 millions d'euros. Pour y parvenir, il a taillé
dans ses coûts fixes, et 400 emplois (200 en France) ont été supprimés.
Une «appli» pour attirer de nouveaux clients:
À
Sallanches, l'usine historique réembauche désormais. «On peut estimer
que 25 créations d'emplois sont directement liées à la relocalisation»,
explique Jean-Laurent Nectoux, directeur de production. Le groupe ne
cesse parallèlement de réajuster ses effectifs. Dans son usine Look de
la Nièvre, il supprime en ce moment 20 emplois.
En parallèle du
resserrement de sa gamme vers le haut, le groupe a résolument tourné sa
politique clientèle vers les réseaux sociaux. Il a lancé l'an dernier
Ski Pursuit, une application gratuite pour smartphone, disponible depuis
cet hiver sur Android, qui, espère-t-elle, lui apportera de nouveaux
clients puisqu'elle ne s'adresse pas forcément aux skieurs adeptes de sa
marque phare. «Elle vise, par des mécanismes ludiques, à transformer
les consommateurs les plus engagés en personnes susceptibles de
communiquer sur nos produits auprès de leurs propres contacts», avance
Sylvain Noailly, vice-président du groupe Rossignol. En contrepartie de
cette implication, les consommateurs se verront gratifiés de gestes
commerciaux particuliers.
En moins d'un an, Ski Pursuit a
été téléchargée plus de 50 000 fois, sans publicité externe. Elle
permet au skieur d'analyser ses descentes et ses performances par divers
paramètres: enregistrement de la vitesse maximale, vitesse moyenne,
distance, partage des statistiques personnelles sur Facebook et Twitter…
Autant de données utiles que Rossignol peut ensuite exploiter, via son
réseau de distribution, pour coller au marché. Pour cela, Rossignol a
développé un logiciel avec Salesforce, une société spécialisée dans la
conception de logiciels en relation client. «L'objectif est de
développer le côté interactif, notamment par le biais de jeux-concours,
afin d'élargir notre base de consommateurs, renchérit Sylvain Noailly.
Aujourd'hui, c'est embryonnaire. Mais j'aimerais que dans les prochaines
années 20 à 25 % des acquisitions soient concrétisées par des acheteurs
dont on s'occupe via cette politique.» Actif sur les réseaux sociaux,
Rossignol totalise plus de 200 000 fans sur Facebook - avec l'ambition
d'en cumuler 500 000 d'ici trois ans -, quand son concurrent autrichien
Atomic en recense 83 000.
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