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samedi 12 janvier 2013
La Chine, n°1 de la production auto?
Le salon automobile de Detroit réserve cette année un accueil
particulier aux constructeurs chinois, absents des marchés
nord-américain et européen mais qui affichent de grandes ambitions
ailleurs, alors que la production en Chine pourrait dépasser celle de
l'Europe.
Un seul d'entre eux, Guangzhou Automobile Group (GAC), aura un stand sur
le salon mais pour la première fois, un forum sera consacré à la
situation et à l'avenir de l'industrie automobile en Chine. Le pays a
dépassé depuis plusieurs années les Etats-Unis et l'Europe en terme
d'immatriculations pour devenir le premier au monde. L'an dernier, elles
ont atteint 19,3 millions d'unités, contre 14,49 millions aux
Etats-Unis et elles devraient connaître une croissance encore soutenue
cette année, selon des analystes.
La Chine pourrait à présent se hisser au premier rang mondial en terme
de production. Selon les projections du cabinet spécialisé IHS
Automotive, près de 20 millions de véhicules (voitures et véhicules
utilitaires légers) devraient être produits sur le sol chinois en 2013,
contre 18 millions en Europe en incluant la Russie et même la Turquie.
Le boom de la production en Chine doit beaucoup aux groupes étrangers,
qui captent environ 70% du marché national et produisent sur place via
des coentreprises avec des Chinois. Les plus importants sont l'américain
General Motors, l'allemand Volkswagen ou encore le japonais Nissan.
Mais les constructeurs nationaux ne sont pas en reste. Poussés par le
gouvernement chinois à allier leurs forces, ils font preuve de velléités
de plus en plus marquées. "La stratégie des groupes chinois s'appuie
d'abord sur la maîtrise de leur marché intérieur", commente Laurent des
Places, associé chez KPMG en France. "Le gouvernement a une volonté
ferme d'aider ces grands groupes à en prendre au moins 50%",
ajoute-t-il. GAC et son compatriote Chery, qui se classent parmi les dix
premiers constructeurs chinois, ont ainsi conclu à l'automne dernier un
accord pour devenir plus compétitifs.
Ils poussent aussi leurs pions à l'étranger, que ce soit en Asie du
Sud-Est ou plus loin. "Geely, Chery et Great Wall ont une stratégie
offensive en matière d'exportation vers l'Iran, mais aussi l'Egypte,
l'Algérie et des marchés en Amérique latine comme le Chili, qui a un
accord commercial spécifique avec la Chine", indique Namrita Chow,
analyste chez IHS Global Insight à Shanghai. Le numéro un chinois, SAIC,
fait de même via ses coentreprises avec VW et GM, ajoute l'analyste.
Ces constructeurs profitent du fait que les ventes automobiles dans les
marchés émergents sont encore "sous-développées et qu'ils y sont
compétitifs en terme de prix et de gamme de produits". Les groupes
chinois ne disposent pas encore d'usines de production en dehors de
leurs frontières, mais les choses changent.
Great Wall a lancé le mouvement en s'implantant l'an dernier en
Bulgarie. L'Europe de l'Est, comme le Mexique, présente l'avantage
d'être ouverts aux investisseurs et de pouvoir servir de base arrière
pour vendre en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, explique M. des
Places.
Reste à savoir s'ils sauront séduire les automobilistes. "Les
constructeurs chinois doivent encore prouver la fiabilité de leurs
véhicules", commente Jesse Toprak du site spécialisé américain Truecar.
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