Techniquement, l'Hexagone est loin du défaut de paiement et donc de la banqueroute, même si les voyants sont nombreux à être passés dans le rouge.
Lorsque François Fillon
avait affirmé le 21 septembre 2007 être «à la tête d'un État qui est en
situation de faillite», l'ex-premier ministre avait lancé une polémique
qui lui avait valu de se faire sèchement recadrer par Nicolas Sarkozy.
Et qui ressurgit aujourd'hui. Dimanche, Michel Sapin
s'est laissé entraîner sur une pente périlleuse: comme on lui
demandait, sur Radio J, s'il considérait que l'«État était en faillite»
ou comme Michel Rocard qu'il y avait «le feu», le ministre du Travail a
répondu: «C'est un État totalement en faillite!»«C'est
la raison pour laquelle il a fallu mettre en place des programmes de
réduction des déficits et aucune sirène ne doit nous détourner de cet
objectif de la diminution des déficits, a-t-il argumenté. C'est
fondamental pour le financement de notre économie, et la création
d'emplois.»
Bien conscient du malaise qu'a provoqué cette petite
phrase - prononcée, assure l'entourage de Michel Sapin, sur le ton de
l'ironie en référence à celle de François Fillon cinq ans plus tôt -,
l'exécutif a tenté de dissiper les craintes. «C'est une image», a
insisté Pierre Moscovici, sur France Info.
«Ce qu'il signifiait par là, c'était que la situation des finances
publiques était préoccupante, a retraduit le ministre de l'Économie.
Si elle était préoccupante en 2007, elle est plus préoccupante
aujourd'hui puisque (le précédent gouvernement) a accumulé 600 milliards
d'euros de dette publique; mais le terme n'est pas tout à fait
approprié, parce que la France est un pays qui n'a pas besoin de fermer
les services publics de manière massive.» Et le ministre des Finances
de certifier, comme pour lever toute ambiguïté: «La France est un pays
vraiment solvable, la France est un pays vraiment crédible, la France
est un pays qui entame son redressement.»
À droite aussi, on réfute toute situation de défaut de paiement. «La
France est tout à fait en situation aujourd'hui d'assumer ses
engagements financiers, notamment de payer ses fonctionnaires,
heureusement!», a asséné l'ancien premier ministre Alain Juppé, sur RTL.