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mardi 22 janvier 2013

Emploi : le rapport qui accable l'assurance-chômage.

La Cour des comptes dresse un état des lieux accablant du marché du travail. Coûteux, inefficace, complexe, sans gouvernance… Ses critiques appellent à une réforme sans précédent des règles en vigueur.


Une vraie bombe à retardement. La Cour des comptes a publié ce mardi un rapport sur le marché du travail dans lequel elle dresse un constat d'urgence pour le moins alarmant. Et ce, probablement comme elle ne l'a jamais fait. «Il s'agit d'éclairer, d'alerter sur les éléments inquiétants du fonctionnement du marché du travail», a toutefois tenté de nuancer son premier président, Didier Migaud, sans réellement y parvenir.
Et pour cause. Sous le poids de la crise, des déficits, et sans réforme drastique, le système va tout simplement dans le mur. Et pourtant, ce n'est pas faute de mettre des moyens: plus de 50 milliards d'euros, chiffre la Cour, sont consacrés chaque année à l'indemnisation des chômeurs (leur accompagnement dans la recherche d'un poste ne fait pas partie du champ analysé), à l'incitation au travail, à la création d'emplois et à la formation professionnelle. En vain.
Car ces «politiques du marché du travail», passées au crible par les fins limiers de la Rue Cambon, sont inefficaces. «Les résultats obtenus sont décevants», confirme d'ailleurs Didier Migaud. La France, alors qu'elle a connu une baisse de l'activité bien moins forte que ses voisins, a pourtant vu son taux de chômage progresser bien plus vite. «Pour être efficaces, les dispositifs doivent suivre les mutations du marché du travail, analysent les magistrats de la Cour. Or les politiques de l'emploi ont insuffisamment évolué et nombre d'entre elles sont aujourd'hui obsolètes.»
Un exemple? Les dispositifs de chômage partiel, s'ils ont permis de limiter la casse en 1993, n'ont plus joué leur rôle d'amortisseurs en 2009. Un problème quand on sait que ce sont des dispositifs similaires qui permettent aujourd'hui à l'Allemagne d'afficher le plus bas taux de chômage de son histoire… Plus généralement, les politiques de l'emploi ratent leur cible et ne profitent pas à ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les sans-diplôme très éloignés de l'emploi. Résultat, la Cour appelle à un «reciblage majeur des dispositifs».

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Démonstration accablante:

Marché du travail : les failles du système français.


La Cour des comptes, dans son dernier rapport, dresse un état des lieux accablant du marché du travail. Aperçu de ce qui ne va pas.

• La gouvernance: trop d'acteurs «dispersés»:

DIAGNOSTIC:
Les acteurs de la politique de l'emploi et de la formation professionnelle sont «particulièrement nombreux». Bien que des conventions soient parfois passées, les actions menées par l'État, les régions et les partenaires sociaux, ainsi que par leurs opérateurs (Pôle emploi, organismes paritaires collecteurs agréés, etc.) «se superposent sans faire l'objet d'une véritable coordination». Du coup, les efforts, aujourd'hui trop dispersés, «empêchent la mise en œuvre de politiques suffisamment concertées et cohérentes».

RECOMMANDATION:
Coordonner et simplifier les actions menées.
Les réflexions actuelles sur la décentralisation doivent s'accompagner d'une «simplification drastique» de ce dispositif complexe qui fasse à la fois place à «une gouvernance resserrée» et à la nécessaire implication de la diversité des acteurs. Il faudrait éviter «autant que faire se peut les situations où les compétences des uns et des autres se trouvent limitées par les cofinancements ou les codécisions». Faute d'une telle évolution de la gouvernance, prévient la Cour des comptes, «la constitution de blocs de compétences risque de segmenter au lieu de les articuler les actions menées en matière d'emploi, de formation professionnelle et de développement économique». Et donc de les rendre encore un peu inefficaces…

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• Les emplois aidés: la mauvaise exception française:

La Cour des comptes met en cause les allocations chômage.


Dans un rapport publié ce mardi, la Cour des comptes recommande de réviser profondément l'indemnisation des chômeurs qui coûte trop cher et n'est plus adaptée.

Les faiblesses, déjà connues, sont relevées avec sévérité: effort «particulièrement insuffisant» pour former les chômeurs, «résultats médiocres» des contrats aidés (emplois temporaires subventionnés), chômage partiel sous-utilisé, etc.
La Cour s'inquiète en particulier de l'avenir de l'assurance-chômage, dont le financement apparaît «difficilement soutenable», avec un déficit prévu de 18,6 milliards en fin d'année. Plus «protecteur» et généreux qu'ailleurs en Europe, ce régime que les partenaires sociaux doivent renégocier en 2013 «a bien joué son rôle de maintien du revenu» mais «voit désormais son efficacité se dégrader, son équité se fragiliser», selon le rapport. Une nouvelle fois la Cour épingle l'indemnisation des intermittents (un milliard de déficit «au profit de 3% seulement des demandeurs d'emploi»).
Elle propose aussi d'abaisser les indemnités des plus hauts niveaux et de revoir «l'indemnisation en activité réduite», en pointant le «risque» que l'assurance-chômage finance «un revenu de complément durable à des salariés en activité précaire».

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Cibler les moyens sur les plus fragiles:

lundi 14 janvier 2013

Ces métiers dont personne ne veut.

Le métier d'ingénieur informatique est celui qui reçoit le moins de candidatures. François BOUCHON / Le Figaro
Le métier d'ingénieur informatique est celui qui reçoit le moins de candidatures. 


 Le baromètre Jobintree établit une liste des métiers qui attirent le moins les Français. La faute, la plupart du temps, à des conditions de travail difficiles, en termes d'horaires, de pénibilité et de salaire.

Malgré les chiffres alarmants du chômage, certains métiers peinent à recruter. L'étude publiée par le site Jobintree à pour but «de mettre en exergue le fort décalage entre offre et demande pour un certain nombre de métiers» selon les dires de Fabrice Robert, co-fondateur de Jobintree. Le baromètre (pour les mois d'octobre et décembre 2012) montre que des emplois techniques, spécialisés et souvent méconnus, comme charbonnier ou administrateur système se confrontent à une pénurie d'offre. La faute, la plupart du temps, à des conditions de travail difficiles - en termes d'horaires, de pénibilité, de salaire - qui font fuir les candidats. Fabrice Robert pointe ainsi du doigt «l'inadéquation entre le nombre de candidats formés et les offres qui sont disponibles sur le marché».