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lundi 4 février 2013

Le roi de la vodka, Belvédère, veut sauver sa couronne.

D'ambassadeur de la marque Belvédère, Bruce Willis en est devenu le premier actionnaire.
D'ambassadeur de la marque Belvédère, Bruce Willis en est devenu le premier actionnaire.

Le sort de l'entreprise bourguignonne de vins et spiritueux en redressement judiciaire se joue lors de l'assemblée générale du 12 février. Il est en grande partie entre les mains de l'acteur Bruce Willis.


Hôtel Four Seasons, Beverly Hills. Douzième étage. L'agitation est digne de cette scène du film Coup de foudre à Notting Hill, lorsque Hugh Grant se fait passer pour un journaliste afin d'approcher Julia Roberts. Sauf que la star révélée au détour d'un couloir, c'est Bruce Willis.
Et l'intrus qui perturbe la chorégraphie minutée entourant la promotion de Die Hard 5, c'est Christophe Trylinski, le PDG polonais de Belvédère, une entreprise bourguignonne de vins et spiritueux en redressement judiciaire. Casting improbable, pourtant la star planétaire tombe dans les bras de son «buddy». Lequel n'en mène pas bien large, malgré sa carrure d'armoire à glace.
Certes, cela fait plus d'un an que Belvédère, dont les finances sont sur le gravier, ne parvient plus à payer le prestigieux ambassadeur de sa marque vedette, la vodka Sobieski. La firme doit 20 millions d'euros à Bruce Willis, qui est par ailleurs son premier actionnaire avec près de 3 % du capital.
À quelques jours d'une assemblée générale décisive, le dirigeant est venu s'assurer du soutien de l'acteur. Le 12 février, en effet, les actionnaires de Belvédère auront sur leurs boîtiers de vote le sort du propriétaire de l'anisette Marie Brizard et de William Peel, le whisky le plus vendu en France. L'administrateur judiciaire Frédéric Abitbol a prévenu les actionnaires: soit les petits porteurs approuvent le plan de restructuration négocié avec les créanciers, au prix d'une «dilution importante mais nécessaire», soit c'est la liquidation quasi assurée, synonyme d'Armageddon financier pour l'entreprise de 3400 salariés.
Or, la messe est loin d'être dite. Nicolas Miguet, le pugnace président de l'Arare (Association pour la représentation des actionnaires ­révoltés), fait campagne contre l'accord qu'il voit comme un ­«passage en force». «Lors de la dernière ­assemblée générale, je représentais plus de 90 % des votes», rappelle le journaliste boursier, ravi du récent ralliement d'Alain-Dominique Perrin, l'ancien patron de Cartier, démissionnaire du conseil d'administration de Belvédère.

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