La crise continue de couver et pourtant les Français ont toujours le moral. C'est un des nombreux paradoxes qui font le caractère exceptionnel de cette crise. La confiance des ménages a poursuivi sa lente remontée en mai pour s'établir à 90, soit le niveau de fin 2010, selon les chiffres publiés ce vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques. Ironie du sort, le moral des ménages allemands est en baisse de 0,1 point.
L'indice français reste toutefois inférieur à sa moyenne de longue période, qui se situe à 100 points, et qui n'a pas été retrouvée depuis 2007, un an avant le début de la crise. En conséquence,«cette hausse mensuelle est à relativiser, affirme l'économiste Marc Touati. Les Français ont sans doute apprécié la baisse des cours du pétrole ou l'alternance politique. Mais cette hausse ne tiendra pas».
C'est la troisième fois depuis le début de la crise fin 2008 que l'indice sur le moral des ménages français atteint ce niveau à la hausse, après fin 2009 et fin 2010. Et à chaque fois, il est reparti en baisse. «L'étude ne tient pas compte des derniers événements de la crise en Grèce, souligne en outre Marc Touati. Seule une forte hausse du Smic pourrait confirmer la tendance». L'économiste avertit que les réactions des ménages français sont trop court-termistes pour en faire un véritable indicateur avancé. «Le meilleur indicateur avancé est le climat des affaires parce qu'il a une corrélation directe avec l'activité économique d'un pays par la création d'emplois», explique-t-il. Hier, l'indice en question a reculé de 2 points, à 93. Les industriels français, comme leurs homologues allemands, ne voient pas leur horizon se déboucher au cours des trois prochains mois.