Si l'euro monte progressivement depuis juillet 2012, c'est parce que le risque d'explosion de la zone euro est écarté.
Pour des raisons politiques, mais aussi financières et institutionnelles. Si l'euro monte progressivement depuis juillet 2012, époque où il était tombé à 1,20 dollar, c'est parce que le risque d'explosion de la zone euro est écarté. Ce qui n'est pas rien! L'été dernier, la BCE s'est engagée à voler au secours des États attaqués, notamment l'Espagne et l'Italie. Depuis, les primes de risques sur la dette espagnole et italienne se sont fortement réduites, au plus grand bénéfice de Rome et Madrid, qui échappent à l'asphyxie financière.
La «révolution Draghi» est si importante pour leur survie que l'Espagne et l'Italie se garderont bien, même hors micro, de critiquer le niveau de l'euro, devenu le thermomètre de leur propre santé. Si l'Italie de Mario Monti reste silencieuse sur les changes, c'est aussi pour une question d'image. Les responsables italiens auraient trop peur d'être accusés de vouloir restaurer les dévaluations compétitives qui ont tant abîmé l'image de l'Italie auprès des investisseurs.
L'Irlande et l'Espagne ont des arguments plus politiques pour refuser d'entrer dans la guerre des changes. «La zone euro ne souffre pas d'un euro trop fort, mais de problèmes de compétitivité: nous devons faire des réformes douloureuses pour redevenir compétitifs», note un responsable irlandais. «L'urgence aujourd'hui, c'est la compétitivité, pas le niveau de l'euro!», insiste-t-il. En Irlande, les salaires du secteur public ont chuté de 14,5 %, ceux du privé ont suivi, et les exportations repartent, malgré l'euro fort.
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