Des manifestants ont fait brûler des palettes et des pneus sur la route menant au site de Flins, mardi.
Nouveau round de discussion sur la compétitivité des usines françaises du constructeur.
La journée de mardi a été chaude
socialement dans l'automobile. Pendant que des salariés débrayaient sur
plusieurs sites, Renault comme PSA menaient mardi des négociations
qu'ils jugent cruciales avec leurs organisations syndicales. Le Lion sur
son plan de suppression de 8000 postes. Le Losange, sur la
compétitivité de ses sites français. Dans les usines de ce dernier, plus
de 3300 grévistes ont débrayé à Flins, Douai, Le Mans ou Sandouville.
Des manifestants ont fait brûler des palettes et des pneus sur la route
menant au site de Flins.
Après avoir fait des propositions depuis l'automne en vue d'un accord en février, Renault est en fait entré mardi dans le dur des négociations avec les syndicats. Parmi les mesures avancées par la direction: la mise en commun des fonctions support entre différentes usines, l'augmentation de la durée du travail, la réduction massive des effectifs (7500 postes d'ici à 2016) et le gel des salaires cette année. En contrepartie, la direction s'engagerait à ne pas fermer de sites d'ici à 2016 et pourrait inciter ses partenaires Nissan et Daimler à fabriquer 80.000 voitures par an en France d'ici quatre ans. Le groupe pourrait aussi produire 100.000 voitures de sa propre marque en plus dans l'Hexagone à cet horizon, si le marché progresse fortement.
Après avoir fait des propositions depuis l'automne en vue d'un accord en février, Renault est en fait entré mardi dans le dur des négociations avec les syndicats. Parmi les mesures avancées par la direction: la mise en commun des fonctions support entre différentes usines, l'augmentation de la durée du travail, la réduction massive des effectifs (7500 postes d'ici à 2016) et le gel des salaires cette année. En contrepartie, la direction s'engagerait à ne pas fermer de sites d'ici à 2016 et pourrait inciter ses partenaires Nissan et Daimler à fabriquer 80.000 voitures par an en France d'ici quatre ans. Le groupe pourrait aussi produire 100.000 voitures de sa propre marque en plus dans l'Hexagone à cet horizon, si le marché progresse fortement.
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«À l'heure où je vous parle, les conditions sont
inacceptables», a déclaré mardi matin Laurent Berger, secrétaire général
de la CFDT, sur BFM Business, ajoutant qu'il «y a des contreparties à
demander aux efforts demandés par les salariés, des engagements forts
sur le maintien de l'activité au-delà de 2016, et des efforts en terme
de stratégie».
«On voudrait savoir quels volumes seront affectés à
quels sites, mais la direction tourne autour du pot, on sent qu'il y a
un flou», a déclaré Dominique Chauvin, délégué central CFE-CGC. Il
estime qu'il faut «800.000 voitures» - contre 532.000 l'an passé - pour
«sécuriser l'avenir» des usines françaises. Or le compte n'y est pas:
712.000 voitures avec les volumes envisagés par Renault. Le syndicaliste
demande aussi «un signe fort d'exemplarité de la part des dirigeants»
en matière de modération salariale. Et fait part de ses inquiétudes
concernant l'ingénierie, qui doit se séparer de 2000 personnes. «La
direction étudie comment rendre la recherche et développement plus
compétitive. Mais nous n'avons pas de réponse sur les domaines (châssis,
moteurs…) qu'elle souhaite conserver et ceux qu'elle envisage de
sous-traiter. Aujourd'hui environ 60 à 70 % de l'ingénierie sont faits
en interne, cette proportion ne doit pas baisser», martèle-t-il
Le constructeur pratique un subtil numéro d'équilibriste. Il a tenté de mettre la pression aux syndicats en indiquant qu'un à deux sites pourraient fermer en France faute d'un accord.
Mais il ne peut plus brandir cette menace, car le groupe s'est engagé
auprès du gouvernement à ne pas arrêter d'usine, a indiqué Arnaud
Montebourg, le ministre du Redressement productif.
Seuil de rentabilité:
De
même, Renault rechigne pour l'instant à s'engager plus précisément sur
des volumes de production. Le constructeur juge qu'il ne pourra pas
convaincre Nissan et Daimler
(le fabricant des Mercedes) s'il n'est pas réellement compétitif.
Nissan pourrait produire en France sa petite Micra actuellement
fabriquée en Inde, selon une source interne. Mercedes pourrait aussi
localiser dans l'Hexagone un futur modèle. Parallèlement, le
constructeur semble aussi vouloir se réserver des marges de manœuvre
pour ses propres modèles.
L'an dernier, les usines françaises de
Renault ont tourné à 55 % de leurs possibilités selon la Deutsche Bank -
alors qu'un taux utilisation de 80 % est nécessaire pour qu'un site
soit rentable. Ce seuil serait atteint avec 800.000 voitures. Or le
constructeur n'a produit que 532.000 voitures l'an passé dans
l'Hexagone, contre plus de 1,3 million en 2004.
«En 2012,
l'activité automobile de la marque Renault a perdu environ 800 millions
en Europe. Les mesures de compétitivité proposées permettraient
d'économiser 500 millions, auxquels s'ajouteraient 300 millions si le
marché européen rebondit de 10 %, ce qui pourrait permettre d'atteindre
l'équilibre d'ici quatre ans», calcule Gaëtan Toulemonde, analyste à la
Deutsche Bank et même de dégager des bénéfices substantiels avec la
filiale bancaire et la marque low-cost Dacia. Carlos Ghosn, le PDG de
Renault, a toutefois estimé que les ventes de voitures ne progresseront
pas en Europe sur les trois ou quatre prochaines années.
La prochaine réunion de négociation, mardi prochain, abordera les questions plus sensibles de l'emploi et des salaires.
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