Une succursale Renault à Saran, dans le Loiret. Chez les concessionnaires, les marges sont de l'ordre de 1 % du chiffre d'affaires avant impôts.
La morosité du marché automobile et le changement de génération favorisent le rapprochement chez les spécialistes de vente de voitures en France. Certains groupes partent à la conquête de l'Europe.
Il est loin le temps où Alfred Bernard réparait avec humilité et modestie les quelques automobiles alors en circulation dans la région de Bourg-en-Bresse… Quatre-vingt-dix ans plus tard, son petit-fils Jean-Patrice n'a plus les mains dans le cambouis. À 60 ans, il dirige aujourd'hui le deuxième groupe de vente automobile de l'Hexagone avec 61.000 véhicules neufs vendus.
Méconnu, largement éclipsé par la grandeur des marques qu'il héberge, le concessionnaire automobile est aujourd'hui un chef d'entreprise à la tête d'une activité hautement capitalistique. Au travers de ses quelque quarante concessions, le groupe Bernard, qui conserve son siège dans l'Ain, réalise un chiffre d'affaires de 980 millions d'euros.
Fort de quelque 2450 salariés, le groupe familial est aujourd'hui à un tournant de son développement. Le 2 mai prochain, il officialisera, en plus d'une augmentation de capital, l'entrée du groupe belge Alcopa (spécialisé dans l'import et dans la vente auto), à hauteur de 34 % du capital. Si Jean-Patrice Bernard conservera la présidence du groupe, il occupera «des fonctions stratégiques et financières». Il lâche donc la partie opérationnelle pour laquelle un directeur général est actuellement en cours de recrutement.
«L'entrée d'Alcopa à hauteur de 34 % est une étape. Je suis à la veille de ma retraite, et il est fort probable que ce groupe prenne prochainement une participation allant au-delà des 34 %, explique celui qui détient le reste des parts de la société bressane avec sa sœur. Nous écrivons une nouvelle histoire avec les moyens de ses ambitions.» Ainsi, le groupe Bernard, présent en Roumanie, entend-il se développer davantage hors des frontières françaises, après avoir essentiellement maillé les régions Rhône-Alpes, Franche-Comté et Bourgogne. «Notre secteur est très capitalistique. Il se dirige vers davantage de concentrations dans une période économique délicate, ajoute Jean-Patrice Bernard. Cette évolution est indispensable pour inscrire le groupe dans une nouvelle dynamique allant au-delà de nos frontières qui assurera la pérennité de l'entreprise, et donc de l'emploi.»