Le site de Neo Sécurité. Le deuxième groupe de surveillance en France s'est déclaré en cessation de paiements.
Le réseau d'experts-comptables s'engage à conserver les 5100 salariés.
Les experts-comptables de Fiducial volent au secours des vigiles de Neo Sécurité. Le deuxième groupe de surveillance en France (5100 salariés, 170 millions d'euros de chiffre d'affaires), qui s'est déclaré mardi en cessation de paiements, fait l'objet de toutes les attentions. Bercy et l'Élysée aimeraient trouver une solution avant l'audience du tribunal correctionnel de Paris (fixée jeudi 3 mai à 10 heures), qui doit placer Neo Sécurité en redressement judiciaire. Leurs services planchent dans le plus grand secret depuis plusieurs jours à un projet de reprise de Neo Sécurité avant cette échéance fatidique.
Selon plusieurs sources au cœur du dossier, Bercy à déjà trouvé au moins un groupe intéressé par la reprise: Fiducial, leader français de l'expertise comptable, qui affiche 713 millions d'euros de chiffre d'affaires en Europe avec 6300 salariés. Pour ce groupe constitué depuis 1970 par Christian Latouche à coup de rachats de cabinets d'experts-comptables dédiés aux PME, ce serait une diversification de plus dans le service aux entreprises, après le conseil juridique et fiscal, l'informatique et les fournitures de bureaux.
Fiducial propose de reprendre la totalité du capital de Neo Sécurité pour un euro symbolique et de conserver tous les salariés. Une réunion a eu lieu dimanche à Bercy pour tenter de faire aboutir ce projet. La tâche s'avère délicate. Bercy semble certes prêt à abandonner une partie des dettes sociales et fiscales de Neo Sécurité, qui s'élèvent à 57 millions d'euros, et à échelonner le remboursement du reste. Pour justifier une telle décision, les services du ministère des Finances ont commandé un «audit de la gestion des dirigeants» de la société au cabinet de conseil McKinsey.
Mais le projet de reprise étant mené hors du cadre d'un redressement judiciaire, il doit obtenir l'accord des actionnaires de Neo Sécurité, et en particulier de son président, Jean-Michel Houry, qui détient 30 % du capital. Fiducial, bien que dépourvu d'expérience dans la surveillance, ne prévoit pas de le garder au capital ou à la tête de l'entreprise. Houry préférerait obtenir d'ici au 3 mai un prêt-relais de 15 millions d'euros pour Neo Sécurité, le temps de trouver un investisseur qui le laisse aux commandes. Ses relations difficiles avec Bercy rendent toutefois assez improbable un soutien à un tel crédit.