Alors que le PIB (produit intérieur brut) mondial a progressé de 3,6% l'an dernier, les exportations de marchandises ont augmenté en volume de 14,5% et les importations de 13,5%. En d'autres termes, le commerce mondial a pratiquement évolué quatre fois plus vite que le PIB, relève le rapport annuel de l'OMC (organisation mondiale du commerce) publié hier à Genève.
En matière d'exportations, la croissance est la plus forte en Asie (15%) et en Amérique du Nord (23,1%), mais en terme d'importations, c'est l'Amérique du Sud qui vient en tête (22,7%). Et, en ce qui concerne l'Asie, la Chine et le Japon tirent les expéditions de marchandises dans le reste du monde, avec une hausse de 28% pour l'un comme pour l'autre.
L'Organisation mondiale du commerce ne peut que s'en féliciter. Mais elle note aussi une augmentation constante des accords préférentiels (accords bilatéraux) passés dans le monde. Ils sont environ au nombre de 300 aujourd'hui. Ils ont été multipliés par quatre au cours des vingt dernières années. Ils commencent à l'inquiéter.
Cela pose, juge Pascal Lamy, directeur général de l'organisation «des questions cruciales quant à l'orientation et à la portée de l'OMC et à la valeur que les gouvernements attachent aux relations commerciales mondiales». En réalité, pour les uns l'importance croissante de ces accords sont le signe de la faillite du multilatéralisme, tandis que pour les autres, ils sont des compléments régionaux utiles.