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lundi 18 janvier 2010

La CGPME s'impose dans le paysage patronal .

La confédération, qui devrait réélire cette semaine son président, est devenue un interlocuteur privilégié de l'État.

Ce n'est pas la plus médiatique des organisations patronales, souvent résumées à tort au seul Medef. Mais ce n'est pas la moins efficace pour autant. La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) compte près de 200 fédérations professionnelles, 121 unions territoriales et 550 000 adhérents dans les secteurs des services, du commerce, de l'industrie et de ­l'artisanat. Présidée par Jean-François Roubaud, elle affiche une ambition : «servir» les chefs des 1 650 000 TPE-PME de France.
«Ce n'est pas rien, résume Jean-Eudes du Mesnil, le secrétaire général de l'organisation patronale. Les TPE-PME en France représentent 85% des salariés du secteur privé, 60% des investissements, 58% de la valeur ajoutée et un tiers des exportations.» D'ailleurs, le président de la République ne s'y trompe pas. Depuis son élection en mai 2007, c'est à chaque fois à travers la CGPME qu'il s'adresse aux petits patrons lorsqu'il a une réforme à faire passer ou à leur présenter. Cette reconnaissance du chef de l'État, les dirigeants de l'organisation patronale n'en sont pas peu fiers, tout heureux de damner le pion à leur grand frère, le Medef, qu'ils accusent de les considérer comme portion ­négligeable.

Doubles adhésions:
Et pourtant, les deux mouvements ont beaucoup de choses en commun. À commencer par l'UIMM, la puissante fédération de la métallurgie, présidée par Frédéric Saint-Geours. L'«UI», comme elle se fait appeler maintenant, est la première fédération adhérente des deux organisations. Et donc leur premier «actionnaire». Autre point commun : les doubles adhésions sont si courantes que l'on estime à plus de la moitié les membres de la CGPME sont également affiliés au Medef.
Bien que la mésentente entre Laurence Parisot, la présidente du Medef, et Jean-François Roubaud soit notoire, il leur arrive parfois de s'unir pour la bonne cause : celle des petits patrons. Ils ont notamment signé tous les deux en avril 2008 une position commune définissant les nouvelles règles de représentativité syndicale. Ils ont encore fait front commun en décembre pour refuser d'ouvrir une négociation sur la mesure de l'audience syndicale dans les entreprises de moins de dix salariés. Une négociation que l'Élysée et Matignon entendent conduire jusqu'au bout. Et qui s'annonce, en conséquence, comme un test grandeur nature de la capacité de la CGPME à imposer ses vues.

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