Le nouveau Duster de Dacia au Salon de l'automobile de Genève, le 3 mars 2010.
Rouler en 4× 4 ne sera bientôt plus un luxe. Au salon de l'automobile de Genève, qui a ouvert ses portes au public jeudi 4 mars, Dacia, la filiale roumaine de Renault, a présenté le dernier-né de sa gamme, le Duster. Ce modèle, dont la commercialisation en Europe a commencé, s'attaque au marché du 4 ×4 mais en restant fidèle à sa stratégie à bas coût. Le prix est de 13 900 euros en version 4 ×4 et de 11 900 pour le 4×2 (deux roues motrices). Après le lancement de la Logan en 2004 et de la berline compacte Sandero en 2008, le Duster est le sixième véhicule issu de la plate-forme Logan.Cette décision de lancer un 4×4 peut paraître osée alors que ce marché s'est effondré de près de 50 % en 2009 et que le sommet de Copenhague n'est pas si loin. "Même si les volumes ont beaucoup baissé, il y a une vraie demande, affirme Gérard Detourbet, directeur du programme Logan chez Renault. La vocation de Duster est internationale. Il a été créé pour la Russie, le Brésil, pour les pays émergents. S'il se vend en Europe, tant mieux." Quant aux critiques des écologistes, M. Detourbet se défend : "avec 145 grammes de CO2 par kilomètre, c'est l'un des 4× 4 les moins polluants du marché".
Comme pour la Logan, le constructeur a joué la singularité. "Mécaniquement, c'est un 4×4, reconnaît M. Detourbet, mais en réalité, cette voiture-là n'existe pas." Renault veut continuer à profiter de l'engouement des automobilistes pour les voitures à bas coûts.
En 2009, ce segment a représenté 23 % des ventes du constructeur. Pas étonnant, aujourd'hui "low cost" n'est plus synonyme de sous-produit dépourvu de technicité et fabriqué dans une zone où les exigences de qualité n'existeraient pas. Selon l'observatoire Cetelem de l'automobile, plus d'un Européen sur quatre est prêt à acheter une voiture à bas coût.
Renault espère réitérer les succès des Logan et Sandero. En 2009, Dacia a vendu 311 874 véhicules dans le monde, en progression de 20,7 % par rapport à 2008. Et ce chiffre monte à 535 000 si l'on prend en compte les ventes de Logan sous la marque Renault (Russie, Brésil, Colombie, Iran et Inde).
Grâce aux programmes de primes à la casse, la filiale de Renault s'est étonnamment imposée dans certains pays. Comme l'Allemagne, patrie des BMW et autres Mercedes, qui est devenue son premier marché devant la France, la Roumanie et le Brésil. "C'est un peu anormal, avoue néanmoins M. Detourbet. Nous avons bénéficié des bouleversements liés aux primes à la casse et la crise a amplifié et déformé ce phénomène. Cette hiérarchie est donc complètement artificielle et ne se reproduira pas en 2010."
La demande a été tellement forte dans ce pays que le constructeur a dû dévier une partie de la production de l'usine de Pitesti pendant huit mois. En France, Dacia est devenu la 6e marque et, selon M. Detourbet, le pays devrait être son premier marché en 2010.
En 2004, lors du lancement de la Logan, Louis Schweitzer, alors PDG de Renault, tablait sur 700 000 véhicules vendus à partir de 2010. "Nous n'y serons pas même si on fera plus qu'en 2009", reconnaît M. Detourbet. Et finalement, le succès n'a pas été forcément là où Renault l'avait prévu.
L'échec indien:
Les marchés russes et roumains se sont totalement écroulés et l'Inde est un véritable échec. Mal positionnée en termes de prix, la Logan se retrouve en concurrence avec des voitures plus sophistiquées. Mais les problèmes viennent aussi de l'Iran, où le groupe tablait sur 200 000 ventes par an.
En 2009, il n'en a vendu qu'un peu plus de 50 000. Et n'arrive toujours pas à monter en cadence. "Ce n'est pas la voiture qui est en cause. Dès qu'il y a des Logan sur le marché, les Iraniens se ruent dessus", assure M. Detourbet. L'Iran connaît un énorme problème de liquidités et ses deux partenaires, Pars Khodro et Iran Khodro, qui assemblent les véhicules, ont dû mal à payer Renault. Et il y a peu de chance que la situation s'éclaircisse rapidement pour permettre à Renault d'atteindre ses objectifs initiaux.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire