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samedi 6 mars 2010

Les Bourses croient à nouveau à la reprise.

La reprise sera-t-elle ou ne sera-t-elle pas un feu de paille ? Certes, les investisseurs hésitent encore, mais de moins en moins. Pour eux la sortie de crise approche, enfin.
Un soulagement. Et presque une victoire pour les "bulls", les optimistes des marchés face aux "bears", leurs opposants, qui s'est traduite par un rebond général des places boursières en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. En l'espace de cinq séances, du lundi 1er au vendredi 5 mars, le CAC 40 à Paris s'est ainsi octroyé 5,44 %, le Footsie de Londres, 4 ,58 %, le Dow Jones a New York 2,33 % tandis que le Nikkei à Tokyo prenait 2,40 %.
C'est sans doute cruel pour la vieille Europe, mais l'origine de ce regain d'enthousiasme des marchés n'a rien à voir avec l'économie de l'Union européenne ou la possible résolution de la crise grecque. Tout est parti des Etats-Unis et de la Chine, les deux zones qui comptent véritablement pour la croissance de la planète, selon le marché.
En Chine donc, le premier ministre a réaffirmé, vendredi, que la République populaire visait environ 8 % de croissance en 2010 et que le plan de relance de 4 000 milliards de yuans (430 milliards euros), annoncé fin 2008, serait maintenu. Autrement dit, les menaces de surchauffe ne sont, pour le moment, pas de nature à freiner l'expansion du pays ni, par ricochet, celle du reste du monde.
La deuxième bonne nouvelle est venue des Etats-Unis. Vendredi encore, le département du travail a indiqué que la première économie mondiale n'avait détruit "que" 36 000 emplois au cours du mois de février. C'est peu pour les analystes qui s'attendaient à 50 000 licenciements supplémentaires. Et ce n'est presque rien pour ceux qui auront noté que les destructions d'emplois ne concernent quasiment que le secteur de la construction paralysé sur la période par des conditions climatiques désastreuses. "On a eu un mètre de neige sur la cote Est !", rappelle Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert à New York.
Après d'autres statistiques américaines positives, les investisseurs ont donc repris confiance. "Cela ne fait que commencer", s'emballe même Marc Touati, président de la société de Bourse Global Equities, qui voit les grands indices prendre 15 % dans les mois à venir. Selon lui, les Etats-Unis seront prochainement en mesure de créer des emplois et les centaines de milliards de dollars du plan de relance que Barack Obama doit encore injecter dans l'économie ne feront que doper un peu plus la croissance. Seul bémol, si la crise est finie, la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait relever ses taux plus vite que prévu. Et ça, le marché boursier n'aime pas du tout. Mais "ce n'est pas grave", balaie M. Touati.
Du côté de l'industrie aussi, les choses s'améliorent. Dans le secteur automobile, General Motors, au bord de la faillite il y a quelques mois, a fait état, mardi, d'une progression de ses ventes de 11,5 % en février. Le secteur de la distribution (Wal-Mart, etc.) se porte aussi beaucoup mieux. Près de 76 % des 28 distributeurs américains ont publié des croissances supérieures aux prévisions des analystes. La société Target Group n'a pas fait exception. Elle a annoncé, jeudi, une hausse de ses ventes de 2,4 % à périmètre comparable en février, contre + 1 % attendu.
Et en Europe ? L'économie donne toujours des signes de grande mollesse. Du côté des entreprises, GDF Suez a révisé à la baisse ses prévisions pour 2010 et 2011. Veolia Environnement a refroidi les marchés par "le manque de visibilité sur le redressement de l'activité déchets". Et même avec des résultats solides, les groupes de BTP comme Vinci restent prudents sur l'avenir.
Mais les investisseurs ne regardent pas vraiment ce qui se passe en Europe. Sauf catastrophe. A ce sujet, la crise grecque a cessé de les stresser outre mesure. Ils ont été soulagés que l'émission obligataire destinée à refinancer l'Etat grec, un test, se soit bien passée jeudi.
Bref, la Grèce ne fera pas faillite et la zone euro ne va pas éclater. En tout cas, pas dans l'immédiat, prédisent-ils. Mais pour parler franchement, les investisseurs ont l'air de ne plus trop se soucier du sujet. Pour eux, la Grèce c'est un peu la même histoire que Dubaï, cet émirat au bord de la faillite secouru par son voisin Abou Dhabi. Reste à savoir... qui jouera le rôle d'Abou Dhabi. Et même si le surendettement des Etats est source d'inquiétude, "jusqu'ici, tout va bien", semblent murmurer les opérateurs.

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