Les salariés de Total, mobilisés depuis fin février.
Le groupe pétrolier tient son comité central d'entreprise ce lundi matin. Le sort de la raffinerie de Dunkerque sera scellé alors que la direction confirme un partenariat avec EDF dans la région.
C'est ce lundi que doit tomber la nouvelle. Les salariés de la raffinerie Total de Dunkerque connaîtront leur sort à l'issue de la réunion du Comité central d'entreprise (CCE) ce matin. Autour de la table, syndicats et direction doivent discuter de l'«évolution de la situation des sites du raffinage en France» et de l'«information/consultation sur le projet d'évolution de l'établissement des Flandres». Cette réunion, d'abord prévue le 1 février a été une première fois repoussée au 29 mars puis, face à la polémique et à la pression du gouvernement, avancée au 8 mars.
Le projet de fermeture de la raffinerie de Dunkerque est à l'origine de la grève nationale de fin février qui a fait planer la menace d'une pénurie de carburants. La raffinerie compte 370 salariés directs et 400 à 450 salariés sous-traitants.
Total a promis à chaque salarié de l'établissement des Flandres «un emploi chez Total correspondant à ses compétences». Autre promesse: «ni fermeture, ni cession» de raffinerie française ne se fera dans les cinq ans.
«Nous ne nous faisons guère d'illusion sur le devenir du craqueur qui produit l'essence, mais nous voulons garder le raffinage du pétrole brut qui est encore rentable», a déclaré Philippe Wullens, délégué Sud, majoritaire sur le site. «Si nous faisons le constat que les engagements pris par Total et le gouvernement pendant le mouvement ne sont pas respectés, alors la grève redémarrera», menace la CGT.
Projet de substitution:
Avant le début de la réunion, Total a confirmé sa participation à la construction d'un terminal méthanier par EDF dans le port de Dunkerque. L'accord conclu prévoit «une prise de participation de Total au capital» de la société, Dunkerque LNG, filiale d'EDF chargée de la construction de ce terminal.Ce terminal aura une capacité de regazéification comprise entre 10 et 13 milliards de mètres cubes par an. La décision concernant sa construction effective sera prise avant l'été et il pourrait être mis en service en 2014. Elle reste toutefois «conditionnée à l'obtention de toutes les autorisations administratives ainsi qu'à l'aboutissement des démarches commerciales et des appels d'offres de construction».
Ce projet «mobiliserait jusqu'à 1.200 personnes pendant la construction » et pourrait générer «au moins une cinquantaine d'emplois directs, auxquels devraient s'ajouter quelques 150 emplois indirects » en phase d'exploitation précisent les deux groupes. Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi avait justement averti que la raffinerie de Dunkerque devrait rouvrir s'il n'y avait pas «un vrai projet de substitution» permettant un maintien de l'emploi.
Mais cette nouvelle ne devrait pas pour autant réjouir les salariés. La CGT et Sud estiment que ce projet est trop lointain et «insuffisant» pour compenser les pertes d'emploi. Aujourd'hui à 12 heures, les salariés de Dunkerque manifesteront devant un des sièges de Total à la Défense.

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