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lundi 26 avril 2010

Goldman Sachs s'explique devant le Congrès.

Le sénateur démocrate Carl Levin, président de la sous-commission 
permanente des investigations du Sénat.


Le sénateur démocrate Carl Levin, président de la sous-commission permanente des investigations du Sénat.Mots clés : Subprimes, NEW YORK, Lloyd Blankfein, Fabrice Tourre, Carl Levin, GOLDMAN SACHS GROUP.

Les auditions menées mardi par la commission Levin interviennent en pleine bataille entre démocrates et républicains au Sénat sur la future réforme du système bancaire américain.

Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, et six de ses collaborateurs présents ou passés risquent de passer des moments désagréables tout à l'heure au Capitole. Ils sont convoqués pour s'expliquer, sous serment, sur les pratiques de la plus grande banque de Wall Street devant la sous-commission permanente des investigations du Sénat.
Son président, le sénateur démocrate Carl Levin, veut, devant les caméras, pousser Goldman Sachs dans ses retranchements. Il est convaincu que, comme d'au­tres banques, elle a contribué à la crise financière en vendant jusqu'en 2008 à des investisseurs souvent mal informés des produits financiers dérivés de créances immobilières qu'elle savait hautement risqués, tout essayant par ailleurs de profiter la dévalorisation vraisemblable de ses titres.
Ces auditions sont l'aboutissement de dix mois d'enquête. Goldman Sachs arrive très préparé avec les meilleurs avocats de la place. Y compris certains qui ont jadis travaillé pour la commission elle-même.
L'événement intervient à un moment doublement crucial. Carl Levin et son équipe de juristes chevronnés ne savaient pas que Goldman Sachs serait par ailleurs accusée au civil de fraude et conflit d'intérêt par la Securities & Exchange Commission (SEC) le 16 avril dernier. Or, ce que l'autorité américaine des marchés financiers reproche à l'institution new-yorkaise recouvre exactement les préoccupations de la commission. Du coup, Fabrice Tourre, employé français âgé de 31 ans chez Goldman Sachs, nommément accusé par la SEC, fait également partie des personnes sommées de s'expliquer mardi. On lui reproche d'avoir caché aux clients de la banque que les produits dérivés qu'il élaborait étaient conçus pour perdre de la valeur et enrichir ceux qui les vendaient à terme.

Terrain d'entente :
Autre « coïncidence » : au même moment se livre au Sénat la bataille décisive pour réformer le système bancaire américain. Les démocrates, poussés par le président Obama, tentent de rallier quelques républicains à un texte qui renforcerait le contrôle des risques pris par des banques comme Goldman Sachs. La procédure lancée par la SEC et les auditions de la commission Levin entretiennent un climat politique favorable à l'adoption d'une loi jugée prioritaire par la Maison-Blanche pour prévenir d'autres crises financières.
Goldman Sachs nie avoir violé la loi et dément avoir profité indûment de l'effondrement de titres adossés à des hypothèques pourries qu'elle vendait par ailleurs. En 2008, la banque semble avoir subi des pertes nettes sur ce créneau. Mais, en 2007, elle semble avoir largement profité dans ses opérations en compte propre, de l'effondrement d'un marché qu'elle alimentait par ailleurs. Des courriels internes à Goldman Sachs, saisis par la commission et déjà publiés, montrent que Fabrice Tourre et ses supérieurs avaient compris dès 2007 que l'immobilier résidentiel américain était en chute libre et que le marché pour les produits qui en étaient dérivés était « complètement mort ».
Dans le même temps, d'autres au sein de Goldman Sachs se réjouissaient des millions que rapportait leur spéculation à la baisse sur ces produits. La commission Levin s'est déjà illustrée en 2008. Ses auditions ont contraint UBS à bouleverser ses activités et cesser de recruter des clients américains désireux de frauder le fisc.
Aujourd'hui, son objectif n'est pas tant de démontrer que Goldman Sachs aurait violé la loi. C'est surtout de prouver que les lois américaines doivent être changées pour empêcher que des banques s'enrichissent à l'insu de leurs clients.

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