
Mots clés : banque postale, plan stratégique, modèle social, FRANCE, LA POSTE.
L'entreprise publique dévoile son plan stratégique à horizon 2015.
Société anonyme depuis le 1er mars, La Poste a levé le voile jeudi sur son plan stratégique à horizon 2015. Un exercice particulièrement complexe pour une entreprise publique simultanément plongée dans le grand bain de la concurrence et confrontée à la chute inexorable de son métier historique. Pour bâtir son projet, Jean-Paul Bailly a retenu une hypothèse, à ses yeux «largement partagée» par ses homologues européens, d'un recul de l'activité courrier de 30% sur la période 2008-2015.
La nouvelle donne créée par Internet et accélérée par la crise économique va modifier les grands équilibres de la Poste. En 2015, le courrier représentera moins de 50% de son activité, et vraisemblablement 10% de son résultat d'exploitation. La Banque postale, en revanche, montera en puissance: selon les projections de la direction, la filiale pèsera à terme pour un tiers des revenus du groupe, et pour deux tiers de ses résultats.
Ces objectifs sont sous-tendus par une hypothèse volontariste de progression de l'activité de la Banque postale. «Nous tablons sur une croissance forte du produit net bancaire de la banque, de 5 à 6% par an», explique Jean-Paul Bailly. L'élargissement de l'offre financière aux crédits à l'habitat, puis à la consommation et bientôt à l'assurance dommages, est censé permettre cette performance. La croissance de la banque doit en outre s'accompagner d'un gain massif de productivité, évalué à 15 points de coefficient d'exploitation (coûts rapportés aux revenus) pour le ramener à 70%.
L'activité colis viendra elle aussi compenser, mais dans une moindre mesure, la chute du courrier. Au total, La Poste table sur une croissance moyenne d'activité de l'ordre de 1% par an, pour une rentabilité qui doit doubler, pour atteindre un taux de marge de 7 à 8%.
«Modèle social»:
Pour chacun de ses trois métiers, les objectifs de La Poste sont conditionnés à un programme d'investissement de 9 milliards d'euros sur la période. Une enveloppe qui dépend elle-même de la réalisation de l'augmentation de capital de 2,7 milliards d'euros promise par l'État et à laquelle la Caisse des dépôts participera à hauteur de 1,5 milliard. Le plan stratégique de l'entreprise publique servira d'ailleurs de base aux travaux d'évaluation préalables à cette opération et qui détermineront la participation que détiendra in fine la CDC.
Au-delà des chiffres, le plan stratégique de La Poste évolue sur une voie étroite. D'un côté, son PDG revendique la «constance» de sa politique, qui contraste avec les valses-hésitations d'autres opérateurs à l'étranger. Jean-Paul Bailly défend aussi son «modèle social», et une gestion du personnel vigilante pour éviter tout syndrome France Télécom dans une entreprise confrontée elle aussi à une mutation potentiellement violente. En termes d'emploi, La Poste devrait poursuivre sur sa politique de remplacement de un pour trois à quatre départs en retraite. D'un autre côté, le PDG de l'entreprise affiche un réel volontarisme sur le terrain de l'innovation, notamment vis-à-vis de sa clientèle d'entreprises. Le développement des services papier vers Internet et inversement est une première piste. Une autre - à destination des particuliers, cette fois - est de développer l'offre de services proposée par les facteurs.
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