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mercredi 23 juin 2010

Avec sa propre tablette, le taïwanais Asus compte riposter à Apple et se hisser au troisième rang mondial.

Asustek recevait des journalistes, lundi 21 juin, sur une péniche à Paris, profitant de la Fête de la musique pour présenter son nouveau bijou, le NX90. Cet ordinateur portable à 2 000 euros est censé offrir un son aussi puissant et fidèle que des enceintes, grâce à un partenariat avec Bang & Olufsen.
Avec 7,2 milliards de dollars (8,8 milliards d'euros) de chiffre d'affaires en 2009 (318 millions d'euros de profit), c'est le deuxième taïwanais du classement mondial des fabricants d'ordinateurs, le "petit frère" d'Acer. Jusqu'à il y a peu, Asustek était surtout connu des nerds (fans d'informatique) pour ses cartes mères, ses cartes graphiques et autres cartes son, mais le groupe s'est propulsé sur le devant de la scène il y a deux ans et demi en lançant, avec la gamme des EeePC, les premiers mini-ordinateurs. Des machines à bas prix conçues pour surfer sur Internet.
Aujourd'hui, l'enjeu pour Asus, fondé en 1989 par quatre ex-ingénieurs d'Acer, est de monter en gamme pour préserver ses marges financières et résister à la déferlante annoncée des tablettes numériques du type iPad d'Apple.
Jerry Shen, son PDG, était présent à Paris, lundi. "Le Net est devenu la "killer" application pour les PC. Cela porte nos ventes. Dans les pays occidentaux, on nous achète en second équipement, et en premier dans les pays en développement. Nous faisons nos meilleures ventes au Mexique et en Indonésie", se félicite-t-il. Il reconnaît que l'une des sources d'inspiration du EeePC a été l'OLPC, un projet d'ordinateur à moins de 100 dollars pour les enfants, porté par Nicholas Negroponte, chercheur au Massachusetts Institute of Technology.

Ambition:
Il juge que l'objectif d'un PC à 100 dollars est atteignable, "dans trois à cinq ans, mais à condition de ne pas choisir un processeur Intel et, un système d'exploitation Microsoft". Ce n'est cependant pas l'objectif d'Asus : "Nous ne voulons pas nous battre sur le bas de gamme", assure Cécile Brenier, responsable du marketing en France. Asus étudie quand même le système d'exploitation pour PC de Google, Chrome OS, disponible cet automne. Il sera gratuit et pourrait faire baisser le coût de fabrication des machines. "Nous n'avons pas pris notre décision", précise M. Shen. Lundi, un responsable pour l'Asie de Dell a annoncé que le groupe américain allait implanter Chrome OS dans certaines de ses machines, une grosse alerte pour Microsoft qui équipe encore 9 ordinateurs sur 10 dans le monde.
Les tablettes ? Apple a vendu 3 millions d'iPad en moins de trois mois. Selon Forrester, en 2013, les Américains en achèteront davantage que des ordinateurs. Pour beaucoup, les mini-ordinateurs sont les plus menacés. "A l'origine, la tablette était une niche du marché. Le PC était un bon concept qui évoluait lentement. Mais Apple a donné un coup d'accélérateur à sa mutation. Dans les années qui viennent, les tablettes pourraient cannibaliser 20 % des ventes de portables", estime M. Shen. Asus a annoncé fin mai le lancement, début 2011, d'une tablette tactile, l'EeePad, qui peut se "clipser" sur une station d'accueil avec clavier. "Si nous parvenons à combiner l'expérience du clavier avec le tactile, nous pouvons gagner", ajoute M. Shen.
Son ambition ? "Devenir quatrième vendeur au monde en 2010, troisième en 2011." Quelle est la recette du succès d'Asus et d'autres groupes taïwanais comme Acer ou HTC, devenu en quelques trimestres un sérieux rival d'Apple dans le téléphone mobile ? "Acer est bon pour la logistique. Nous, notre force, c'est l'innovation. HTC, c'est la rapidité", selon M. Shen. Avec Acer, groupe pour lequel il a travaillé six ans, "la concurrence est saine. Comme dit le proverbe chinois, nous avons appris d'eux, mais nous essayons de faire mieux", glisse-t-il, dans un sourire.

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