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jeudi 24 juin 2010

La Bourse de Paris devrait gagner 1,6% sur l'année 2010.

La bonne tenue des résultats des sociétés cotées devrait éclipser les inquiétudes liées aux dettes souveraines de la zone euro et permettre à l'indice CAC 40 de gagner environ 1,6% sur l'ensemble de cette année, montre une enquête Reuters, après les pertes subies au premier semestre.
L'indice phare de la Bourse de Paris devrait terminer l'année à 4.000 points, contre 3.939 fin 2009, ce qui représenterait une hausse de 9,8% par rapport à la clôture de mercredi à 3.642, selon la médiane des estimations recueillies auprès de 28 analystes et gérants.
Celles-ci ont donc été revues en baisse par rapport au niveau de 4.200 points prévu par l'enquête de mars.
Les professionnels voient le CAC atteindre 4.200 points mi-2011, 15% au-dessus de leur clôture de mercredi.
Depuis le 1er janvier, le CAC 40 a reculé de 7,48%, en raison notamment des inquiétudes suscitées par l'endettement des Etats de la zone euro, dont l'ampleur est jugée menaçante pour la reprise économique.
"La situation financière des entreprises permettrait de cibler plus haut mais il est vrai que la conjoncture va souffrir de l'endettement trop lourd de certains Etats", a déclaré Christian Jimenez, gérant de fonds et président de Diamant Bleu, qui voit le CAC 40 à 4.000 points fin décembre et à 4.200 dans un an.
Après un premier trimestre mitigé, le CAC 40 s'est orienté à la baisse mi-avril, affecté par les craintes d'une propagation de la crise de la dette grecque à d'autres pays comme l'Espagne et le Portugal. Ces craintes ont aussi fait tomber l'euro à son plus bas niveau depuis quatre ans face au dollar.

VENTS CONTRAIRES:
L'indice de référence parisien a ainsi plongé de près de 20% en moins de deux mois, comme de nombreux marchés boursiers dans le monde. Mais il s'est repris ces deux dernières semaines, effaçant une partie de ses pertes grâce à l'apaisement relatif des craintes sur la dette et à des achats à bon compte d'actions dont les ratios de valorisation étaient tombés à leur plus bas niveau depuis plus d'un an.
Analystes et gérants considèrent en outre la dépréciation de l'euro comme une évolution favorable aux entreprises françaises, et notamment bien sûr celles qui réalisent une part importante de leurs ventes hors de la zone euro.
Mais nombre de professionnels tiennent à rappeler que tous les vents contraires soufflant sur la Bourse de Paris ne sont pas apaisés.
"Il y a des surprises négatives à attendre sur les résultats des entreprises, dans un environnement de plans d'austérité et de croissance économique très faible dans la zone euro", explique ainsi Philippe-Henri Burlisson, directeur des gestions fondamentales chez Groupama Asset Management.
"Aujourd'hui le consensus prévoit 20% de hausse des BPA en 2011 par rapport à 2010. Cela ne paraît pas tenable et va être revu à la baisse, ce qui va provoquer une chute des Bourses."
Il ajoute que la possibilité d'une hausse de l'impôt sur les sociétés dans le cadre des mesures d'assainissement des finances publiques représente une menace pour les entreprises centrées sur le marché français.
"Les secteurs les plus menacés sont tous ceux qui sont liés à la consommation intérieure et ceux dont les centres de production sont les moins délocalisables pour échapper à une plus forte pression fiscale", ajoute-t-il.
Philippe-Henri Burlisson voit le CAC 40 à 3.400 points à la fin de l'année et à 3.500 mi-2011.

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