
Au bac, il y a les sujets éternels. En philosophie, par exemple. «Une vie heureuse est-elle une vie de plaisirs?», ont dû cette année se demander les bacheliers. En économie, rien de tel. Le programme est ancré dans l'actualité. Prenez l'introduction du cours sur «les sources et les limites de la croissance», par exemple, qui résonne avec la crise actuelle.
Résultat, «l'actualité est une préoccupation lors de l'élaboration et du choix des sujets», témoigne George Ortusi, professeur de SES (sciences économiques et sociales) en région parisienne, qui a déjà participé à l'élaboration des questions du bac. Mais attention, les sujets sont fabriqués entre septembre et janvier.
Pour tenter de deviner quels thèmes vont tomber -exercice extrêmement hasardeux, de l'avis de tous les professeurs interrogés- il faut donc se référer aux préoccupations de fin 2009. «Durant les trois derniers mois de l'année, c'est surtout le thème de l'économie de l'environnement qui était à la une, avec le sommet de Copenhague», analyse Stéphane Molina, professeur de SES en Normandie. Le développement durable, justement, n'est jamais tombé au bac depuis son arrivée dans les programmes, au début des années 2000.
Les sujets précèdent parfois l'actualité. Visez le sujet 2009: «dans quelle mesure les pays de la zone euro disposent-ils de marge de manœuvre suffisante en matière de politique économique?» Une question que ne cessent de se poser les dirigeants européens depuis le début de la crise grecque. «Le sujet est tombé un an trop tôt!», s'amuse Sébastien Lamache, professeur de SES en Normandie. Mais aucune règle ne stipule qu'un même thème ne peut pas ressortir deux ans de suite.
Et si les sujets ne sont peut-être plus autant en prise directe avec les nouvelles, alimenter sa réflexion avec des éléments d'actualité est toujours un plus dans une copie, de l'avis de tous les professeurs interrogés. Mais cela pourrait ne pas durer. Le nouveau programme en préparation, regrette les enseignants, sera beaucoup plus universitaire, ardu et théorique. Et, comme le déplore George Ortusi, «les questions vives seront édulcorées».
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire