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jeudi 5 avril 2012

Sarkozy accuse Hollande de «nier l'existence de la crise».

Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy.

Le président-candidat a exposé dans une conférence de presse ses propositions chiffrées. Il en a profité pour railler son adversaire socialiste.

Depuis l'officialisation de sa candidature, le 15 février, Nicolas Sarkozy a égréné des dizaines de propositions, que son équipé a compilé dans un document de campagne,sous la forme d'un tableau précis et chiffré, présenté ce jeudi. Selon son entourage, le président candidat pourrait présenter une nouvelle «mesure forte», dans le domaine social. En début de semaine, Nicolas Sarkozy a indiqué que l'ensemble de son programme demandera 115 milliards d'euros d'efforts aux Français, 75 milliards sur les dépenses, 40 milliards sur les recettes.
Nicolas Sarkozy présente également sa «lettre aux Français», dans laquelle il expose ses «valeurs» et sa «vision de la France» à l'horizon de 2017. Ce document, publié à plusieurs millions d'exemplaires, sera distribué «par voie militante», assure son entourage. Sur la première page du document de 36 pages, figure une phrase écrite en manuscrit par Nicolas Sarkozy: «Mes chers compatriotes, il n'est rien de plus beau que l'amour de son pays». «Mon objectif est clair: construire une France assez forte dans les cinq années qui viennent (...), réconcilier la France du oui et la France du non» au référendum européen de 2005, a indiqué Nicolas Sarkozy.
• Économie et finances publiques:

» «Toutes mes propositions s'articulent autour d'un objectif: l'équilibre des finances publiques en 2016», a indiqué Nicolas Sarkozy. Il confirme dans son projet un déficit public français a 0% du produit intérieur brut (PIB) en 2016 et un excédent de 0,5% en 2017. Le président candidat prévoit dans son projet une réduction de la dette publique française à 80,2% en 2017 au lieu de 85,8% en 2011 avec engagements européens.
» Pour atteindre les objectifs de déficit, les prélèvements obligatoires passeront de 43,8% du PIB en 2011 à 45,6% en 2017 en France. Nicolas Sarkozy prévoit dans son projet de réduire les dépenses publiques de la France à 51,9% du PIB en 2017 au lieu de 55,9% en 2011.
» Nicolas Sarkozy a reconnu que 115 milliards d'euros d'efforts sont nécessaires sur cinq ans. «Je dois y additionner les 9,5 milliards de propositions de campagne», a-t-il ajouté. Ce qui porte l'effort total de 124 milliards. Les trois quarts porteront sur la réduction des dépenses, le reste sur les recettes, a insisté le président candidat, comme il l'avait déjà annoncé.

» Le chef de l'Etat estime que sa prévision de croissance pour le chiffrage de son programme, de 2% «en sortie de crise», est «raisonnable». «Toutes les prévisions que nous présentons sont conformes avec les engagements du gouvernement envers l'Europe et nos partenaires», a-t-il insisté.
» Nicolas Sarkozy s'est engagé a faire voter la «règle d'or» budgétaire «dès l'été 2012», s'il est réélu. Le président-candidat accuse le Parti socialiste français «d'être le seul» à refuser la règle d'or.

» «La France demandera à ce que sa contribution au budget européen soit gelée, ce qui représentera une économie de 600 millions d'euros par an», a indiqué Nicolas Sarkozy.
» L'assurance maladie verra sur la période l'augmentation de ses dépenses plafonnée à 2,5%, ce qui portera les économies, sur cinq ans, à 4 milliards d'euros. D'autre part, les collectivités territoriales devront engager la réduction des effectifs et diminuer les dépenses de fonctionnement au même rythme que l'État.
• Retraites:
» Le président candidat a annoncé «une mesure nouvelle qui concerne la vie quotidienne de 15 millions de retraités»: «Au 1er juillet prochain, les retraites seront versées le 1er de chaque mois», s'est-il engagé. Actuellement, les pensions ne sont versées que le 8, alors que les retraités doivent faire face à des échéances au début du mois.

• Emploi et formation professionnelle:
» Nicolas Sarkozy a confirmé son objectif de réforme de la formation professionnelle, qu'il a qualifié de «système injuste». Objectif: rendre les formations qualifiantes obligatoires pour les chômeurs de longue durée. «On sera obligé d'accepter l'emploi qui correspond à la formation qu'on vous aura donnée», a-t-il ajouté.
» «Si le travail coûte plus cher en France qu'ailleurs, il continuera à partir», a martelé Nicolas Sarkozy. «C'est pourquoi (...) je vais mettre en place la TVA anti-délocalisation». Cela revient, a-t-il insisté, à «1800 euros de charges en moins sur chaque emploi».
• Fiscalité:
» Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il voulait créér «un impôt forfaitaire sur les grands groupes» afin d'imposer leurs bénéfices qui échappent aujourd'hui au fisc français.
» Le président-candidat propose «qu'on supprime la possibilité de déduire de ses impôts les frais qu'une entreprise engage pour se délocaliser en dehors de l'Europe».
• Crise de l'euro:
«Nous sommes, à l'exception de l'Allemagne, le pays d'Europe où le chômage a le moins augmenté», a rappelé le président candidat. Alors que les inquiétudes resurgissent sur les marchés, il a insisté: «L'euro a été sauvé. Les indicateurs montrent qu'on va repartir de l'avant, parce que la crise économique était le produit de la crise financière.»
Dans ce contexte, si la France manque à ses engagements, la crise reviendra, a-t-il prévenu en substance. Dans le monde d'aujourd'hui, «le manque d'expérience d'un dirigeant, c'est deux jours pour mettre par terre 5 années d'efforts», a-t-il martelé en visant le programme de François Hollande. «La sanction aujourd'hui elle est immédiate.»
• Immigration:
» Nicolas Sarkozy a confirmé son objectif de diviser par deux du nombre d'immigrés accueillis chaque année, à environ 100.000. «Il faut confier le contentieux de l'immigration à la jurisprudence administrative», a-t-il ajouté. Cette mesure, qui nécessite une réforme de la Constitution, pourrait faire l'objet d'un référendum, a-t-il encore confirmé.

• Institutions:
» Nicolas Sarkozy a évoqué l'introduction d'une dose de proportionnelle de 10% et une baisse de 10% du nombre de députés, soit 57 parlementaires. «Je déteste le sectarisme, et la fermeture. Dans un pays de 65 millions d'habitants, il est dangereux, quand on vient d'être élu, de confier des responsabilités à des personnes venant de leurs seules formations politiques», a-t-il expliqué, justifiant ainsi la politique d'ouverture pratiquée au début de son mandat.
• Écologie:
» Nicolas Sarkozy a vanté son bilan en matière d'énergies renouvelables. Il a évoqué un «chantier éolien» à 12 milliards d'euros ainsi qu'une multiplication par cinq du budget du photovoltaïque.
• Permis de conduire:
Nicolas Sarkozy a évoqué les «longues listes d'attente» et le coût trop élevé du permis de conduire et a annoncé des propositions sur le sujet avant la fin de la campagne. Il a envisagé «que le code puisse s'apprendre dans un autre cadre que l'auto-école. On peut envisager quelque chose avec les associations et l'Éducation nationale, qui permettrait de préparer le code et de réserver la conduite aux auto-écoles.»


De nombreuses piques contre François Hollande:

Nicolas Sarkozy a dénoncé jeudi «le matraquage fiscal promis aux familles et aux classes moyennes» par son adversaire socialiste François Hollande, estimant que ce sujet devait être «au centre de la campagne». Il a fustigé «un festival de dépenses nouvelles» proposé par François Hollande. Il s'en est pris notamment à la proposition d'augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire. «Qui va payer?», a-t-il demandé.
Nicolas Sarkozy a aussi estimé que la proposition du candidat PS à l'Elysée de revenir sur la réforme des retraites était la «négation de l'existence d'une crise».
Le président-candidat a également ironisé sur le calendrier annoncé en début de semaine par François Hollande. «Mais pourquoi est-il si bavard sur la première année, et qu'il ne dit rien sur la seconde? À ma connaissance, le président est élu pour cinq ans», a jugé Nicolas Sarkozy. «Il a surtout dit ce qu'il ferait avant les législatives: plein de cadeaux et il ne dirait non à personne.»
Selon Nicolas Sarkozy, François Hollande risque d'être «pris en otage» par Jean-Luc Mélenchon. Il en a profité pour éreinter le candidat du Front de gauche. «Sur Monsieur Mélenchon, on ne partage aucun de ses engagements ni aucun de ses emportements», a-t-il jugé. «Sur ce qu'il propose, il n'y croit pas» lui-même.

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