
Un rapport de l'Inspection du travail évoquait en 2010 une «organisation du travail de nature à porter des atteintes graves à la santé des travailleurs».
Cette perquisition au siège parisien de l'opérateur fait suite à l'instruction ouverte en 2010 pour «harcèlement moral».
La justice cherche toujours à évaluer la responsabilité de France Télécom dans la vague de suicides qui a emporté plusieurs dizaines de ses salariés - 62 selon les syndicats - à partir de 2008. Dans le cadre de l'enquête pour «harcèlement moral» ouverte en 2010, le siège parisien de l'opérateur faisait mardi l'objet d'une perquisition. «Nous confirmons une opération de perquisitions ce mardi. C'est la suite logique de l'instruction en cours depuis avril 2010», a fait savoir à l'AFP un porte-parole du groupe.
C'est sur la base d'un rapport critique de l'Inspection du travail que le parquet de Paris avait décidé il y a deux ans de donner suite à la plainte déposée par le syndicat SUD. Un dossier de 82 pages analysant les circonstances du décès de 14 salariés de l'opérateur, qui concluait à «la mise en œuvre d'organisations du travail de nature à porter des atteintes graves à la santé des travailleurs». Très critique à l'égard de «la politique de réorganisation» menée dans l'entreprise depuis 2006 pour se moderniser, le rapport pointait «des méthodes de gestion caractérisant le harcèlement moral».
Nouveau contrat social:
Il soulignait aussi que, malgré les alertes répétées des médecins du travail, des représentants syndicaux et des caisses d'assurance-maladie, l'opérateur a poursuivi la mise en place de son plan de modernisation «Next», lancé en 2005. Parmi les moyens utilisés pour améliorer le rendement et l'efficacité du groupe figuraient la suppression de 22.000 postes en trois ans et la mutation de 10.000 salariés. En 2010, le parquet de Paris n'avait cependant retenu que le chef d'inculpation de «harcèlement moral», rejetant celui de «mise en danger de la vie d'autrui».La vague de suicides a d'ores et déjà impacté le fonctionnement de l'opérateur. À commencer par son PDG. Didier Lombard, à l'origine du plan «Next» et auteur de propos maladroits sur une supposée «mode des suicides», a été remplacé en mars 2010 par son directeur France, Stéphane Richard. Avec un tout autre style que son prédécesseur, celui-ci s'est attaché à pacifier le groupe. Un nouveau contrat social, un discours plus transparent et la promesse d'embaucher 10.000 personnes ont concouru à apaiser la crise sociale. Interrogés par l'entreprise en septembre dernier, les salariés semblaient ressentir une légère amélioration: le bien-être au travail était alors noté 6,8 sur 10, contre 6,2 un an auparavant.
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