Il y a comme un parfum de «subprimes» qui flotte au-dessus d’une série de produits exotiques. Il s’agit de créances immobilières en provenance d’Europe du Sud.
Ils s’appellent Bancaja 8A, UCI 8 TR A... derrière ces noms
barbares, se cachent des produits adossés à des prêts immobiliers
espagnols ou italiens. Bien notés par les agences de notation, ces
produits ont été diffusés dans de nombreuses banques européennes. Dans
son rapport annuel, ECBC, le spécialiste de ces produits, estime qu’il
y a 1,62 trilliard d’euros en circulation rien que sur l’immobilier
dans l’Europe des 27. Les spécialistes reconnaissent que certaines
créances risquent de ne pas pouvoir être vendues. Cela explique
pourquoi les banques espagnoles, par exemple, se ruent au guichet de la
Banque Centrale Européenne.
Cela ne vous rappelle rien? C’est
ce grand jeu de la titrisation, consistant à prendre des prêts
immobiliers et à les reclasser par paquet à des fonds d’investissement
ou des banques qui avaient mis à terre le marché immobilier américain.
Bien
entendu, la situation n’est pas comparable. Mais elle appelle des
commentaires. Pour le moment, la situation n’est pas visible car la
Banque Centrale Européenne est prête à prêter de l’argent en échange de
ces produits complexes.
A partir du moment où de nombreux
ménages espagnols ou italiens ne seront pas capables d’honorer leurs
prêts, qui va encaisser la perte? Les banques, la BCE? Des questions se
posent.
Le sentiment des experts Bourse: dans les
prochains mois, il est possible que ces produits toxiques fassent
surface. Pour le moment, ils ne sont pas médiatiques car la BCE les
accepte en garantie. Mais l’institution ne peut pas résoudre tous les
problèmes européens. En février dernier, l’agence de notation Moody’s
avait prévenu qu’elle se tenait prêt à dégrader les notes de ces
produits. Fitch vient de lancer une consultation pour éviter que des
dégradations à venir n’aient trop d’impact. L’agence note AAA ces
produits, une note meilleure que celle de la France. L’heure du verdict
approche pour les banques européennes.
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