Club immo Christian Rolloy par Explorimmo_iPhone
LE CLUB IMMO. La Fédération des promoteurs immobiliers a annoncé un net recul des ventes dans le neuf au premier trimestre (– 25%) et une baisse du nombre des investisseurs (– 39%). Quelles en sont les raisons, et comment relancer le neuf en France ?
CHRISTIAN ROLLOY : Ces reculs s’expliquent en réalité par une conjonction de phénomènes. Tout d’abord, les échéances électorales ont engendré un attentisme sur le marché, en particulier sur celui des investisseurs qui s’inquiètent des perspectives à venir, et attendent de savoir dans quelles conditions ils pourront investir. Sont également à prendre en compte des augmentations de prix relativement importantes, qui ont depuis peu tendance à se calmer. Ces deux facteurs entraînent un ralentissement du marché. Mais c’est la révision du dispositif d’investissement locatif Scellier, qui doit s’interrompre en fin d’année 2012, qui est en grande partie responsable de la chute du marché. Cela dit, ce dernier reste extrêmement porteur.
Pour notre part, nous constatons que les besoins existent dans de nombreuses villes, et que la demande reste forte.
LE CLUB IMMO. Quelles sont, selon vous, les priorités à mettre en place pour le logement en France ?
C. R. La première chose est d’instaurer une politique lisible,
pour que les acquéreurs et les investisseurs sachent où ils vont. C’est
également vrai pour les promoteurs qui travaillent sur le long terme.
Entre le lancement de la construction d’un logement et sa livraison, le
cycle est de deux à trois ans minimum. Ensuite, il faut simplifier les
règles. Si l’immobilier neuf est cher, c’est en grande partie parce que
les normes et les réglementations techniques se sont multipliées au fil
des ans. Si l’on ajoute la taxe locale d’équipement (TLE), remplacée par
la taxe d’aménagement, et que l’on compare les deux, c’est au minimum
20 % plus cher. Et, in fine, c’est le client qui paie. LE CLUB IMMO. Faudra-t-il un dispositif d’investissement locatif pour succéder au Scellier, en 2013 ?
C. R. : Les dispositifs incitatifs pour les investisseurs existent depuis des dizaines d’années. Il apparaît aujourd’hui difficile de s’en passer. Il en faudra un nouveau. On pourrait aussi imaginer d’avoir des sociétés privées, personnelles d’investissement dotées d’un régime fiscal qui ne coûterait pas cher à l’Etat, avec par exemple un amortissement du logement, une exemption liée à l’ISF… En vérité, si le logement garde un caractère civique, pour un investisseur, c’est un produit comme un autre, une activité commerciale.
LE CLUB IMMO. Quel regard portez-vous sur l’évolution du marché en 2012 ?
C. R. : Le marché est très demandeur, mais très hétérogène. Les flux migratoires se portent toujours sur les villes tendues, alors que les besoins sont moindres dans les régions qui le sont moins. Il y a aussi une différence entre l’ancien et le neuf. Pour les investisseurs comme pour les acquéreurs, il faut prendre en compte ces éléments afin de considérer les différents types de produits qui, sur les moyen et long termes, ne sont pas les mêmes.
LE CLUB IMMO. Alors, où investir dans le neuf ?
C. R. : Ce sont toujours les zones où l’emploi et la démographie se développent, comme en Ile-de-France ou en Provence - Côte d’Azur… Les grandes agglomérations sont les plus porteuses.
Auteur : Olivier Marin
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