Delphine Batho, la ministre de l'Écologie.
Le lancement d'un rapport parlementaire sur les alternatives à la fracturation hydraulique pour extraire les gaz de schiste suscite l'émoi. La ministre de l'Écologie a réaffirmé son refus de les exploiter.
«L'enjeu de la transition énergétique n'est pas d'aller chercher de
nouveaux hydrocarbures», a déclaré la ministre de l'Écologie, Delphine Batho,
devant les Assises de l'énergie, jeudi à Grenoble. «Je pense zéro gaz
de schiste», a résumé sur Twitter son conseiller de presse.
En
réaffirmant son opposition à l'exploitation des gaz de schiste, pas
seulement à cause de la technique controversée d'extraction -la
fracturation hydraulique - mais aussi parce qu'il s'agit d'une énergie
fossile émettrice de gaz à effet de serre, Delphine Batho a voulu
rassurer les écologistes.
Un peu plus tôt, le député Vert Denis
Baupin, Greenpeace ou encore France nature environnement s'étaient émus à
l'annonce du lancement d'un nouveau rapport parlementaire sur le gaz de schiste. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst)
a en effet confié au député PS Christian Bataille et au sénateur UMP
Jean-Claude Lenoir un rapport sur les techniques d'extractions
alternatives à la fracturation hydraulique.
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Évaluer les ressources:
Seule
méthode employée pour exploiter ces gaz non conventionnels piégés dans
la roche, la fracturation hydraulique est interdite en France par la loi
du 13 juillet 2011. Les méthodes alternatives
sont dans l'ensemble encore loin du stade commercial. En revanche, les
industriels travaillent à améliorer la fracturation hydraulique pour
réduire l'usage d'additifs chimiques et la quantité d'eau injectée à
haute pression dans le sous-sol. Le rapport parlementaire serait publié
dans une version «d'étape» au printemps, en plein débat national sur la transition énergétique, et dans sa version définitive à l'automne prochain.
Si
le débat sur le gaz de schiste s'est concentré, à ses débuts en France
pendant l'hiver 2010-2011, sur sa méthode d'extraction, les opposants
avancent désormais l'argument, plus large, de la pertinence de recourir à
une énergie émettrice de gaz à effet de serre. Les députés écologistes
EELV pour leur part veulent aller plus loin que la loi votée par le
gouvernement Fillon et proposent une interdiction pure et simple des gaz de schiste.
De leur côté, les industriels et le Medef, ainsi que dans une certaine mesure, Arnaud Montebourg, forts de l'exemple des États-Unis, plaident pour évaluer les ressources au nom de la compétitivité, de l'emploi et de la balance commerciale.

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