Évolution des prix, rythme de ventes, mesures gouvernementales… Elix Rizkallah, le président du réseau Laforêt, nous livre son analyse du marché de l’immobilier..
LE CLUB IMMO. Quels principaux enseignements tirez-vous de votre enquête sur le marché? C’est
en juin dernier que nous avons lancé avec l’IFOP cette grande enquête
nationale. Cette étude nous a confortés dans plusieurs domaines. Tout
d’abord, l’immobilier reste une valeur refuge pour les Français.
Ensuite, l’agent immobilier reste l’interlocuteur privilégié.
Troisièmement, sept vendeurs sur dix ont fait estimer leur bien via un
professionnel. Enfin, les Français plébiscitent la qualité, tant au
niveau des offres que des conseils prodigués, et expriment le besoin
d’un suivi personnalisé.
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Comment évoluent les prix et les délais de vente?
Au niveau national, les prix ont baissé en moyenne de 2%. Paris
a enregistré une légère baisse de 1%, tandis que les prix se sont
maintenus en Ile-de-France. Dans les grandes villes comme Lyon par
exemple, une augmentation des prix de l’ordre de 2 % a été enregistrée.
En matière de délais de vente, nous avons passé le cap psychologique des
100 jours. Nous sommes actuellement en moyenne à 102 jours au niveau
national. Toutefois, il y a de fortes disparités régionales. À Paris, le
délai de vente est de 64 jours, ce qui signifie qu’il faut un peu plus
de deux mois pour réaliser une vente dans la capitale, tandis que dans
certaines régions, il faut parfois compter le double et attendre quatre
mois pour réaliser une transaction.
Qui tient le marché?
La première catégorie, ce sont les acquéreurs. Parmi eux, les
investisseurs qui sont passés de 17% à 2011 à 12% en 2012. Les
primo-accédants, qui représentaient le tiers des transactions ne
représentent plus que le quart en 2012 ; et les secundo-accédants, qui
représentaient 47%, ont vu leur part augmenter pour atteindre 60 % du
marché. L’autre catégorie comprend les vendeurs, dont une grande partie a
fait une vente par nécessité, en raison d’un divorce, d’une séparation,
d’un décès, d’une mutation…
Quelles sont les perspectives en 2013?
La situation économique n’encourage pas à vendre. Ceux qui
doivent vendre vont devoir s’aligner sur les prix du marché. Cependant,
les acquéreurs ne veulent plus payer le prix fort, de crainte de
revendre à perte dans le futur. Nous lançons d’ailleurs une opération «
Prix Bleus » pour faire prendre conscience aux vendeurs de la réalité du
marché et accepter une baisse des prix. Ensuite, il s’agit d’attirer
les acquéreurs vers les biens qui bénéficient de cet avantage. En 2013,
nous prévoyons une baisse des prix de l’ordre de 5% sur l’ensemble des
régions. Quant au nombre de transactions, avec des taux de crédit qui
restent bas, elles devraient se maintenir cette année sur le même volume
qu’en 2012.
Les mesures prises par le gouvernement vont-elles dans le bon sens, et comment relancer le marché?
Le dispositif d’investissement locatif Duflot n’est avantageux
que pour l’immobilier neuf. D’autre part, l’encadrement des loyers
risque de faire fuir les investisseurs. Nous avons un déficit structurel
de 800000 logements en France, lequel s’aggrave chaque année. Le
logement social ne pourra à lui seul, compenser cette déficience. Il
faut inciter les primo-accédants à l’accession à la propriété. Il
faudrait maintenir le PTZ dans l’ancien. Pour relancer le marché, il
faut vraiment que les vendeurs se rendent comptent qu’ils sont en
décalage avec le marché. C’est ce que nous allons nous employer à
expliquer.
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