France Télécom va voir partir en retraite un tiers de ses effectifs d’ici à 2020. Le groupe s’adapte en signant un accord sur l’emploi des seniors, qui anticipe le futur contrat de génération, bientôt débattu à l’Assemblée.
France Télécom-Orange fait face à un vrai choc démographique, avec
30.000 départs en retraite attendus d’ici 2020. Pour lisser ses départs
massifs, le groupe présidé par Stéphane Richard, a signé un accord sur l’emploi des seniors pour la période 2013-2015.
Cinq
ans avant la retraite, les salariés qui le souhaitent pourront passer
progressivement à temps partiel, rémunérés à 75%. L’entreprise
continuera à payer les cotisations à 100%. L’accord seniors s’appliquera
à l’ensemble des personnels fonctionnaires (60%) et contractuels (40%).
Innovation
importante, les salariés qui le souhaitent pourront exercer leur temps
partiel dans le tissu associatif, auprès d’associations ayant un accord
avec la fondation Orange comme le Secours populaire, la Croix Rouge,
Emmaüs etc.
Double finalité:
«Nous
sommes la première grande entreprise à avoir tous les éléments du futur
contrat intergénération» qui sera prochainement débattu à l’Assemblée
nationale s’est félicité Bruno Mettling. Le directeur des ressources du
groupe rappèle que France Télécom,
qui emploie 105.000 salariés en France, s’est engagé à recruter 4000
personnes d’ici 2015. «L’entreprise engage des jeunes (…) et à l’autre
bout, elle garde ses seniors, mais elle aménage leur temps d’activité», a
t-il-expliqué.
Cet accord a une double finalité. Primo, il permet
de lisser les départs et d’éviter les à-coups alors que 10.000 départs
sont prévus dans les quatre prochaines années, et 20.000 autres dans les
quatre années suivantes. «On corrige l’impact de la pyramide des âges.
Pour gérer notre productivité, c’est un atout très important, on évite
les à-coups grâce au temps libéré», a souligné Bruno Mettling.
L’objectif du groupe est d’augmenter de six mois l’âge moyen des
salariés qui partent en retraite d’ici fin 2015.
Secundo, il
permet à l’entreprise de réduire sa masse salariale alors que les
clients utilisent de plus en plus le Web, et moins les plateaux
téléphoniques. Plus fiable, la fibre optique nécessite moins de
déplacements à domicile etc. «Comme nous avons des enjeux de
productivité importants, c’est une façon aussi pour nous d’ajuster notre
force globale de travail, en évitant les plans sociaux», a indiqué
Bruno Mettling. France Télécom table sur le fait que 70% des salariés
éligibles profiteront du dispositif.
Climat social plus apaisé:
Ce
nouvel accord, qui remplace l’ancien accord seniors arrivé à échéance, a
été signé par tous les syndicats représentatifs, sauf SUD. Il a été
favorisé par un climat social dans l’entreprise plus apaisé. D’après le
dernier baromètre social, 54% des salariés estiment que leur qualité de
vie au travail est meilleure ou nettement meilleure qu’ailleurs (contre
49% auparavant). «Ils ne sont plus que 3% à déclarer que travailler chez
France Télécom est plus difficile, contre 15% en octobre 2010, soit une
division par 5», souligne Bruno Mettling. Enfin, 81% des salariés
affirment avoir retrouvé leur fierté d’appartenance à l’entreprise,
alors que celle-ci était tombée à 39 % au moment de la crise.
Alors
que France Télécom a signé la plus mauvaise performance du CAC 40 en
2012, cet accord devrait rassurer les marchés, qui y verront le bénéfice
à venir d’une économie de masse salariale potentielle de plusieurs
millions d’euros.
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