La devise européenne a pris 0,7% face au dollar et 3% face au yen depuis le début de l'année. À la suite des déclarations alarmistes du président de l'Eurogroupe, la monnaie unique est repassée sous 1,33 dollar.
Les déclarations de Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, s'inquiétant «des niveaux dangereusement élevés» de l'euro,
ont fait reculer la devise européenne à l'ouverture des marchés ce
mercredi matin. La monnaie unique qui s'est fortement appréciée depuis
le début de l'année, atteignant 1,34 dollar, son plus haut niveau en 11
mois - est repassée sous la barre de 1,33 dollar.
Le président de
l'Eurogroupe a expliqué mardi soir dans le cadre d'un discours au
Luxembourg les risques que représentaient un euro trop fort pour la
croissance économique, en pénalisant notamment les exportations
européennes.
Pour Sylvain Broyer, économiste de Natixis, l'euro
est surévalué par rapport à la conjoncture, d'autant plus dans le
contexte actuel de politiques de soutien des banques centrales, en
particulier de la Fed américaine et de la Banque du Japon qui s'efforce
d'affaiblir le yen. «Les marchés ont surinterprété le discours moins
négatif la semaine dernière de Mario Draghi», explique-t-il. Le
gouverneur de la Banque centrale avait redonné un coup de fouet à l'euro
en indiquant que la crise de la dette en zone euro s'atténuait et que
les indicateurs économiques se stabilisaient.
Baisse des taux de la BCE:
«Les
propos ce matin à Vienne d'Ewald Nowotny - membre du conseil des
gouverneurs -, qui estime que la zone euro est loin du point d'équilibre
de long terme, vont renforcer l'affaiblissement de l'euro», estime
Sylvain Broyer.
Concrètement, analyse l'économiste, la BCE
estime que la conjoncture reste très fragile, plombée par une
contraction de la demande et de mauvaises perspectives sur le front de
l'emploi avec un taux de chômage à 11,7% qui va continuer de se
détériorer en 2013. «On s'attend à une baisse des taux directeurs dans
les six mois», pronostique Sylvain Broyer, qui table sur un repli de
l'euro à 1,28 dollar à court terme. Et ce d'autant qu'il n'y a pas de
tensions inflationnistes. L'inflation est restée stable dans la zone
euro en décembre, à 2,2% sur un an, selon les données d'Eurostat.

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