La chanson «Gangnam Style» du chanteur sud-coréen
Psy, visionnée plus d'un milliard de fois, n'a généré que 8 millions de
dollars de recettes publicitaires dans le monde.
Le bras de fer est engagé entre les majors et la filiale de Google sur le partage des recettes publicitaires.
Engagée dans un bras de fer avec Google, la filière musicale, réunie à Cannes pour le Midem, concentre ses attaques sur YouTube. Lundi, le président d'Universal Music France, Pascal Nègre,
a menacé de supprimer tous ses vidéoclips du site de Google, si la
publicité n'était pas réactivée. «Je pense que ça pourrait être le cas
de tous les producteurs de cette table», a-t-il dit lors de la
publication du bilan annuel de la musique en France.
Depuis le 19 janvier, Google n'affiche plus de publicité dans les
clips des maisons de disques. Le géant américain renégocie actuellement
un contrat avec la Sacem,
qui le conduisait à reverser une part de ses recettes publicitaires aux
ayants droit de la musique. Cet accord, signé en 2010, est arrivé à
échéance le 31 décembre dernier. La filière musicale française cherche à
obtenir une hausse des barèmes auprès de Google. Le groupe américain
refuse.
Les négociations, menées directement avec le siège californien de
Google, sont longues et complexes. Et l'arrêt de la pub est perçu par
les Français comme un moyen de peser sur les négociations. «Nous n'avons
pas apprécié l'annonce de cette démonétisation», a commenté Jean-Noël
Tronc, le nouveau président de la Sacem. «Vue de Mountain View, la
France n'est qu'une province sympathique», ajoute David El Sayegh,
directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique
(Snep).
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Revenus insuffisants:
Le problème posé par YouTube est complexe. Avec près de 30 millions
de visiteurs uniques par mois, dont une part substantielle pour de la
musique, il est le premier diffuseur en streaming, largement devant
Deezer, qui en compte un peu moins de 6 millions. Les producteurs
reconnaissent qu'une partie des internautes qui fréquentaient les
réseaux de piratage il y a quelques années s'est reportée sur ce site.
Les clips peuvent être visionnés sans aucune limite, contrairement aux
plates-formes de musique comme Deezer et Spotify, qui ont instauré des
durées maximales d'écoute gratuite.
Mais aujourd'hui, ce succès d'audience contribue peu aux revenus de
la musique. La chanson Gangnam Style du chanteur sud-coréen Psy,
visionnée plus d'un milliard de fois, n'a généré que 8 millions de
dollars de recettes publicitaires dans le monde. En France, sur les
125 millions d'euros issus de la musique numérique en 2012, la musique
gratuite financée ne représente que 17 millions d'euros de chiffre
d'affaires, soit 14% du total. «Ces revenus sont insuffisants, il faut
parvenir à un nouvel équilibre», affirme Denis Ladegaillerie, président
du label Believe.
Jusqu'alors, les majors avaient préféré collaborer avec YouTube, avec
l'idée d'attirer les internautes vers d'autres offres de streaming par
abonnement. Deux des majors, Universal Music et Sony Music, ont lancé un
site de clips musicaux, Vevo, pour reprendre en main la
commercialisation de leurs clips. Vevo existe depuis trois ans aux
États-Unis et a été ouvert en fin d'année dernière en France.
Le bras de fer avec YouTube n'est qu'un aspect du débat sur le transfert
ouvert par la filière musicale à Cannes. Lundi matin, le Snep a répété
qu'il souhaitait bénéficier d'une «rémunération compensatoire» prélevée
sur l'activité des «intermédiaires techniques». Non seulement les
moteurs de recherche, mais aussi «éventuellement les fabricants de
matériel et les hébergeurs». Une étude est en cours pour permettre de
chiffre ce «transfert de valeur» des créateurs de contenus vers les
géants d'Internet, de l'électronique et des télécoms.
Bourse:
GOOGLE
750,73$ -0,39%

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