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mercredi 30 janvier 2013

La gueule de bois des fabricants d'éthylotests.

Le rêve vire au cauchemar pour certaines petites entreprises, qui jouent aujourd'hui leur avenir.
Le rêve vire au cauchemar pour certaines petites entreprises, qui jouent aujourd'hui leur avenir.

Les errements du gouvernement, qui a reporté la possibilité de verbaliser les automobilistes qui ne détiennent pas d'éthylotest dans leur voiture, fragilisent toute la filière.


Les fabricants d'éthylotests connaissent des lendemains qui déchantent. L'annonce, en novembre 2011, de la présence obligatoire d'un éthylotest dans tous les véhicules à partir du 1er juillet 2012 avait de quoi les rendre euphoriques. La désillusion est aujourd'hui à la hauteur des espoirs suscités, après l'annonce jeudi dernier par Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, du report sine die de l'obligation d'avoir un éthylotest dans les voitures.
Contralco, leader du secteur, a annoncé qu'il s'apprêtait à réduire ses effectifs de moitié: 150 intérimaires et salariés en CDD ne seront finalement pas reconduits, faute de commandes à honorer. «Les récentes déclarations du ministre ont créé le trouble. En quelques jours, Contralco s'est vu signifier l'annulation de commandes, à hauteur de 8 millions d'éthylotests, soit l'équivalent de deux mois de travail», explique le fabricant dans un communiqué. Cette entreprise, basée dans l'Hérault, gèlera aussi les 3,5 millions d'investissements initialement prévus cette année.

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Quitte ou double:


La présence obligatoire d'un éthylotest dans les véhicules avait tout d'une formidable aubaine pour les fabricants. Beaucoup ont embauché et investi à tour de bras pour en profiter. Un soupçon de conflit d'intérêts avait d'ailleurs entaché la mesure: le président de l'association à son origine n'est en effet autre… qu'un salarié de Contralco. Ce fabricant affirme avoir embauché dans l'Hexagone 231 personnes en 9 mois, tandis que Turdus, l'un de ses concurrents français, a quintuplé ses effectifs, à 55 salariés…
Mais le rêve vire au cauchemar pour d'autres entreprises, plus petites, qui jouent aujourd'hui leur avenir. Ainsi de la PME troyenne Ethylo, qui a pour cette occasion investi 500.000 euros (pour un chiffre d'affaires d'un peu moins de deux millions), dans la mise au point d'un nouvel éthylotest électronique. «Si la mesure ne passe pas, l'entreprise et ses douze emplois disparaissent à coup sûr», avertit Bertrand Jernann, président de cette société.

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