Le PIB allemand s'est contracté au dernier trimestre 2012, à un rythme plus fort que prévu. Sur l'ensemble de l'année, le PIB grimpe de 0,7%. Le gouvernement devrait revoir à la baisse ses prévisions pour 2013.
L'Allemagne a finalement été rattrapée par la crise de la dette en zone euro.
D'après les chiffres provisoires annoncés ce mardi par l'office fédéral
des statistiques Destatis, le PIB outre-Rhin s'est contracté plus
fortement que prévu au quatrième trimestre 2012, avec un recul de 0,5%.
La pente a été descendante tout au long de l'année pour l'économie
allemande, avec une croissance de 0,5% au premier trimestre, de 0,3% au
deuxième, de 0,2% au troisième.
Résultat: le PIB, sur l'ensemble
de l'année dernière, affiche une progression de 0,7% alors que le
gouvernement allemand attendait dans sa dernière prévision une hausse
0,8%. L'Allemagne est bien loin de la croissance enregistrée en 2010
(+4,2%, niveau sans précédent depuis la réunification) et 2011 (+3%).
«Au cours des deux années précédentes, la croissance du PIB a été
beaucoup plus forte mais cette évolution avait été le fait d'un
phénomène de rattrapage après la crise économique mondiale de 2009»,
tient à préciser l'Office fédéral de la statistique.
Les investissements ralentissent:
L'Allemagne a commencé à afficher des signes de faiblesses au second semestre 2012. Le coup de frein a eu lieu en novembre
avec un excédent commercial qui s'est contracté davantage que prévu en
raison d'un fléchissement inattendu des exportations en novembre (-3,4%)
et des commandes à l'industrie qui sont reparties à la baisse ce même
mois (-1,8%). Sur l'ensemble de l'année, les exportations ont grimpé de
4,1% en 2012, à comparer à une hausse de 2,3% des importations, et la
consommation privée a progressé de 0,8%. L'investissement dans les biens
d'équipements a, lui, reculé de 4,4% et de 1,1% dans la construction.
Un
élément positif: pour la première fois depuis 2007, le budget est
revenu à l'équilibre en 2012, enregistrant un excédent de 0,1% après un
déficit de 0,8% l'année précédente et de 4,1% en 2010. Dans le contexte
actuel de récession en zone euro, «la performance de l'économie
allemande a été remarquable», souligne Andreas Rees, économiste chez
UniCredit.
Perspectives revues à la baisse pour 2013:
Les
économistes tablent sur une relance de l'économie allemande en début
d'année, ce qui lui permettra d'éviter une récession technique (deux
mois d'affilée de recul du PIB). Les indicateurs récents sont plus
rassurants: le secteur privé a renoué avec la croissance en décembre
pour la première fois en huit mois et le climat des affaires continue de s'améliorer.
«L'économie allemande n'est peut-être plus le paradis qu'elle a été
dernièrement mais elle reste néanmoins un îlot de croissance dans
l'océan de récession qui a submergé la zone euro», souligne Carsten
Brzeski, économiste chez ING.
Le gouvernement allemand ne semble pas partager cet optimisme. D'après le Handelsblatt ,
il s'apprête même à réduire de moitié, à 0,5%, sa prévision de
croissance pour 2013. Un responsable du ministère de l'Economie a déjà
annoncé à Reuters que Berlin tablait sur une croissance de 0,4% cette
année puis sur un PIB en hausse de 1,6% en 2014. En fin d'année
dernière, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble évoquait sobrement
un rythme de croissance «convenable» en 2013.

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