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vendredi 25 janvier 2013

Les e-commerçants favorables à une taxe «Google».


Basés dans l'Hexagone, ils y paient déjà des impôts et s'estiment victimes de la concurrence déloyale des géants mondiaux d'Internet, au même titre que les distributeurs traditionnels. Mais ils ne font pas front commun.


Les e-commerçants français s'invitent dans le débat sur la future «taxe Google». Celle-ci, qui pourrait voir le jour dans le cadre d'une nouvelle fiscalité numérique, vise avant tout les acteurs historiques de l'Internet, comme Amazon et Google. Ces derniers ont en effet une activité en France mais un siège social hors de l'Hexagone, ce qui leur permet d'échapper à l'impôt tricolore. Au grand dam des distributeurs traditionnels, qui crient à la concurrence déloyale, mais aussi de leurs rivaux français.
En effet, cdiscount.com, fnac.com ou encore priceminister.fr sont enregistrés en France et y paient donc déjà des taxes et impôts. «Un e-commerçant est par définition en concurrence avec des entreprises étrangères dès sa création, ce qui est très rare dans d'autres secteurs et nécessite des investissements importants», a souligné jeudi à Bercy Jean-Michel Noir, PDG de Redcats (La Redoute), lors de la présentation des résultats annuels de la Fevad (Fédération e-commerce et vente à distance). «Les moyens financiers nécessaires pour faire face à un Amazon, qui peut proposer des prix très bas, sont colossaux», a renchéri Olivier de La Clergerie, directeur de LDLC.com, spécialiste de la vente de produits techniques.

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Coûteux réseaux de magasins:


La Fevad a toutefois du mal à faire front commun, car le sujet divise ses membres. Nombreux d'entre eux sont en effet liés à des enseignes qui ont de coûteux réseaux de magasins. Et redoutent d'avoir à payer deux fois avec l'instauration d'une nouvelle taxe. Ceux-là seront donc encore plus vigilants sur la future fiscalité.
Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, assure comprendre les soucis des e-commerçants et souhaite les associer à la discussion. «Les e-commerçants ne doivent pas être opposés mais sont complémentaires avec les magasins», a-t-elle noté, ajoutant que les «règles doivent être les mêmes pour tous, notamment en matière de fiscalité. Nous allons agir dans ce sens auprès des instances internationales, l'Union européenne, l'OCDE et le G20».

Un secteur plus important que les télécoms:


Cette promesse rassure en partie les membres de la Fevad, qui soulignent qu'il «ne peut y avoir de solution franco-française». Toutefois, ils ont bien du mal à avancer d'autres pistes. «L'idée suggérée par le rapport Colin et Collin, paru la semaine dernière, d'asseoir la fiscalité d'Internet sur la collecte des données est nouvelle et intéressante. Mais elle doit être précisée, car en l'état nous ne serions pas les seuls concernés», a réagi François Momboisse, président de la Fevad. En effet, la proposition du conseiller d'État Pierre Collin et de l'inspecteur des finances Nicolas Colin pourrait inclure les banques par exemple.
L'enjeu est important pour les e-commerçants, existants et futurs. «Entre 2005 et 2012, le nombre de sites a été multiplié par huit, le chiffre d'affaires par 5,4 et le nombre d'acheteurs par 2,4. La concurrence est donc de plus en plus forte», a décrit Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Pour preuve, le chiffre d'affaires moyen est passé de 580 000 euros à 380 000 euros en sept ans et de nombreux sites, même connus, ne sont pas rentables.
Les ventes totales des e-commerçants ont atteint 45 milliards d'euros en 2012, «dépassant celui des télécommunications», a-t-il ajouté. Le secteur espère atteindre les 53 milliards d'euros cette année, puis dépasser la barre des 70 milliards en 2015.

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