
Une fermière cultive de la coca dans le département de Cauca.
Frappés par la baisse des cours du cacao, les fermiers se rabattent sur la feuille de coca, plus lucrative. L’objectif du gouvernement, visant à devenir deuxième producteur de fèves de la région, est compromis.
• Pourquoi le cacao n’attire pas les paysans colombiens?
La fève brune n’a plus les faveurs des fermiers car son prix ne cesse de reculer. L’Organisation internationale du cacao (ICCO) a fait état, pour la campagne 2011/2012, d’un surplus de production et d’une demande qui s’essouffle en Europe et en Amérique du nord. Après avoir touché son plus haut niveau depuis 32 ans à 3826 dollars à New York en mars 2011, la tonne se négocie actuellement autour de 2200 dollars. Elle encaisse un recul de plus de 30% sur un an. Pour les fermiers, cette baisse a une répercussion directe sur leurs revenus. D’après Bloomberg , ils ont vu le prix de leur fève chuter de 5000 à 3000 pesos le kilo (soit 2 à 1,30 euro) en huit mois.

Un fermier colombien fabricant de la pâte de coca.
La culture de coca dispose par ailleurs d’un avantage compétitif non négligeable: elle est souvent subventionnée par la guérilla locale qui aide les fermiers en leur finançant les graines et les engrais. Les transactions se font en liquide et la production est sûre d’être récupérée, même dans les fermes les plus difficiles d’accès. Le gouvernement tente de lutter contre ce phénomène en aidant les fermiers choisissant le cacao à trouver des acheteurs pour leur fève, à obtenir des prêts, tout en améliorant les infrastructures pour faciliter l’accès au marché.
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Une fermière cultive de la coca dans le département de Cauca.
Frappés
par la baisse des cours du cacao, les fermiers se rabattent sur la
feuille de coca, plus lucrative. L’objectif du gouvernement, visant à
devenir deuxième producteur de fèves de la région, est compromis.
• Pourquoi le cacao n’attire pas les paysans colombiens?
La fève brune n’a plus les faveurs des fermiers car son prix ne cesse de reculer. L’Organisation internationale du cacao (ICCO) a fait état, pour la campagne 2011/2012, d’un surplus de production et d’une demande qui s’essouffle en Europe et en Amérique du nord. Après avoir touché son plus haut niveau depuis 32 ans à 3826 dollars à New York en mars 2011, la tonne se négocie actuellement autour de 2200 dollars. Elle encaisse un recul de plus de 30% sur un an. Pour les fermiers, cette baisse a une répercussion directe sur leurs revenus. D’après Bloomberg , ils ont vu le prix de leur fève chuter de 5000 à 3000 pesos le kilo (soit 2 à 1,30 euro) en huit mois.

Un fermier colombien fabricant de la pâte de coca.
La culture de coca dispose par ailleurs d’un avantage compétitif non négligeable: elle est souvent subventionnée par la guérilla locale qui aide les fermiers en leur finançant les graines et les engrais. Les transactions se font en liquide et la production est sûre d’être récupérée, même dans les fermes les plus difficiles d’accès. Le gouvernement tente de lutter contre ce phénomène en aidant les fermiers choisissant le cacao à trouver des acheteurs pour leur fève, à obtenir des prêts, tout en améliorant les infrastructures pour faciliter l’accès au marché.
En 2011, le marché de la cocaïne était évalué par l’Unodc à 420 millions de dollars (320 M€), soit 0,2% du PIB. La part de cette production dans le PIB agricole de la Colombie était de 3%. Cette culture, présente dans 23 des 32 départements du pays, occupait 64.000 hectares contre 62.000 en 2010, affichant une hausse pour la première fois depuis 2007. A l’échelle mondiale, la Colombie pèserait plus de 40% de la production. Celle de cacao se fait à plus grande échelle dans le pays, sur plus de 143.000 hectares, et est plus concentrée. Le seul département de Santander représente 37% de la production nationale avec 53.929 hectares consacrés au cacao. D’après les statistiques officielles, la fève brune fait vivre entre 16.000 et 25.000 familles, tandis que la cocaïne subvient aux besoins de près de 62.390 d’entre elles.
Pour les fermiers, basculer de la coca au cacao est facilité par le fait que les deux plantes peuvent pousser dans des conditions similaires. Comme le cacaoyer, le plant de coca grandit dans un climat humide et chaud. Tous deux peuvent être cultivés à des altitudes comprises entre 600 à 1700 mètres.
• Quels enjeux pour la Colombie?

Destruction de plants de coca dans le département de Putumayo.
Ces efforts aujourd’hui mis à mal par le retour des fermiers à cette culture. D’autant plus que la Colombie, actuellement troisième producteur de cacao de la région derrière le Brésil et l’Equateur, ambitionne de passer deuxième. Le ministère de l’Agriculture estime que le pays en a le potentiel: il possèderait deux millions d’hectares qui pourraient être utilisés pour cette culture, d’après un récent rapport. La production de cacao pourrait atteindre 250.000 tonnes dès 2018. Mais la culture de la cocaïne reste plus attrayante avec une demande mondiale toujours au rendez-vous. Selon l’Unodc, en 2010 (derniers chiffres en date), entre 13 et 19,5 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans étaient consommatrices. Elles habitaient principalement en Amérique du Nord, premier débouché de la cocaïne colombienne.
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