Les fonctionnaires espagnols descendent
régulièrement dans la rue depuis plusieurs mois pour s'opposer aux
mesures d'économies du gouvernement.
La crise de la dette et la vague d'austérité qui a suivi dans plusieurs pays européens touchent de plein fouet les fonctionnaires. En Allemagne, les réformes de la fonction publique ont eu lieu bien avant la crise. Passage en revue.
• Italie
Les fonctionnaires font les frais de «Super Mario». À son arrivée au pouvoir, à l'automne 2011, Mario Monti
a décidé des coupes drastiques et plusieurs réformes structurelles
visant à redresser le pays. Suppression de 10% des effectifs - embauche
gelée tant que l'objectif n'est pas atteint -, gel des salaires pendant
trois ans, mise au régime sec des ministères, diminution par deux du
nombre de provinces, suppression de 37 tribunaux, 38 parquets, 18.000
lits d'hôpitaux… Autant de changements qui imposeront aux
fonctionnaires, notamment dans le corps enseignant, de se reconvertir
vers d'autres administrations. Le pays compte environ 3,5 millions
d'agents publics, dont 15% sous le statut de fonctionnaire et le reste
sous contrat.
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• Espagne
Policiers, infirmiers,
enseignants… Ils descendent régulièrement dans la rue depuis plusieurs
mois pour s'opposer aux mesures d'économies du gouvernement. La dernière
en date, qui s'inscrit dans un vaste plan de rigueur de 102 milliards
d'euros, concerne la suppression de la prime de Noël, équivalente à une
baisse de salaire de 7%. Auparavant, les fonctionnaires avaient subi une
baisse de 5% de leurs salaires, actée en 2010 sous la précédente
majorité socialiste de José Luis Zapatero, suivi d'un gel les années
suivantes.
• Royaume-Uni
Les 6 millions de personnes que
compte la fonction publique sont soumises à la cure d'austérité de David
Cameron: 700.000 suppressions de postes prévues sur six ans,
augmentation plafonnée à 1% après deux années de stagnation, hausse des
cotisations de 3,2% en moyenne, coupes de 20 à 25% dans les ministères.
• Grèce
Le
dernier plan d'économies, imposé en novembre par la troïka (BCE, FMI et
UE) en échange du versement d'une nouvelle tranche d'aide, prévoit la
suppression de 150.000 postes publics d'ici à 2015. Jusqu'à présent, la
baisse des effectifs s'est surtout faite par des départs en retraite.
Beaucoup de fonctionnaires - plus de 300.000 - seraient candidats avant
que n'entre en vigueur, en février puis en décembre, l'allongement de
l'âge de la retraite à 67 ans. Côté salaires, les fonctionnaires ont
subi plusieurs baisses, jusqu'à 40%, notamment dans le transport public.
• Allemagne
Outre-Rhin,
les réformes datent d'avant la crise. L'emploi public s'est fortement
contracté depuis la réunification suite aux vagues de privatisations. Le
passage au secteur privé de la Poste et du chemin de fer a entraîné la
suppression de plus d'un million d'emplois. Cette politique a également
touché la santé, les hôpitaux et la petite enfance. Les effectifs du
secteur public sont passés de 6,7 millions en 1991 à 4,5 millions en
2008. Avec un ratio de 55 emplois publics pour 1000 habitants,
l'Allemagne figure dans les pays les moins «administrés» de l'OCDE, avec
le Japon, loin derrière la France (88 emplois publics). Un accord passé
en 2005 permet une plus grande flexibilité des horaires et il existe un
système de rémunération au mérite, qui peut représenter jusqu'à 7 %
salaire.

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