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lundi 14 janvier 2013

«Les rendements de l'assurance-vie devraient toucher un point bas en 2013».

Cyrille Chartier Kastler/ Facts &Figures - DR

D'après ce consultant, pour 2012 les rendements moyens des contrats d'assurance-vie en euros devraient s'établir à 2,85 %. Il anticipe une nouvelle baisse en 2013.


Comme prévu, l'assurance-vie est de moins en moins rémunératrice. La baisse des rendements servis au titre de 2012 sur les fonds en euros est cependant moins forte qu'anticipé. Pour l'instant, les assureurs qui ont communiqué sur le sujet, ont annoncé des taux encore souvent supérieurs à 3 %. Baromètre historique du marché, l'Afer, première association d'épargnants française, dévoilera mardi 8 janvier son taux de rendement.

La poursuite de la baisse des rendements des fonds en euros, est-elle inéluctable ?

Comme l'OAT française et les obligations d'entreprises ont fortement baissé ces derniers mois, il ne faut d'ores et déjà pas attendre de miracle pour 2013. Sauf remontée assez rapide de l'OAT, les rendements des contrats en euros devraient à nouveau baisser. Dans le pire des cas, en imaginant que l'OAT recule encore, on pourrait tomber à 2,20 % pour les taux servis au titre de 2013. De manière plus réaliste, on peut penser que les compagnies d'assurance arriveront l'an prochain à servir du 2,50 ou 2,60 % en moyenne en utilisant si nécessaire une partie de leur provision pour participation aux excédents (PPE). Ceci dit, l'année 2013 devrait marquer un point bas, et les rendements devraient repartir à la hausse ensuite.

Quels éléments pourraient permettre cette remontée des rendements ?

D'abord, je vois mal comment l'OAT pourrait rester durablement à 2 %. Son niveau actuel ne correspond absolument pas à la réalité du risque français à dix ans. Beaucoup de compagnies ont déjà anticipé une remontée progressive des taux d'intérêt et de l'inflation en achetant des obligations convertibles ou des obligations indexées sur l'inflation ou en gardant une poche monétaire importante. Les assureurs ont également beaucoup diversifié leurs investissements obligataires et sont aussi allés investir dans des classes d'actifs offrant des rendements plus élevés, comme les prêts titrisés, par exemple. Par ailleurs, ils devraient arriver à servir du 2,85 % en moyenne cette année sur le seul rendement courant de leur portefeuille financier. C'est une bonne nouvelle pour tout le monde. Cela veut dire que les compagnies auront d'avantage de marges de manoeuvre pour les années à venir. Elles pourront en effet reprendre les dotations à la provision pour risque d'exigibilité passées [constituées quand le portefeuille est en situation de moins-values latente, NDLR] dans les comptes 2011 afin de renforcer leur PPE.

Les rendements seront-ils très différents d'un assureur à l'autre ?

Ils seront à coup sûr encore plus disparates que les années précédentes. Cela s'explique par des politiques d'investissements de plus en plus hétérogènes. Il n'y a aujourd'hui plus d'unicité dans la composition des fonds en euros.

L'assurance-vie en euros a-t-elle encore un avenir ?

Oui, et les épargnants ont compris qu'elle offrait la sécurité et l'avantage de conserver les intérêts acquis avec un effet « cliquet ». Mais elle va souffrir si le pilier 1 de Solvabilité II [les futures exigences quantitatives de fonds propres imposées aux assureurs européens, NDLR] est conservé. Il pénalise tous les investissements à risque. Les compagnies cotées en Bourse ont déjà fortement diminué le poids des actions dans leurs fonds en euros pour s'y conformer. Mais quand on a moins de 7 % de son portefeuille investi en actions, se pose la question du soutien du rendement. De même, ce serait une vraie aberration d'être obligé d'investir 100 % de son portefeuille en OAT à 2 % sous prétexte que les obligations d'Etat ne consomment pas de fonds propres. Les assureurs-vie ont montré qu'ils avaient traversé la crise financière sans casse avec les règles de Solvabilité I actuelles. Espérons donc que Solvabilité II soit finalement mis en oeuvre sans le pilier 1.

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