
Jean-Louis Destans (à gauche), président du conseil général de l'Eure, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Yothin Dumnernchanvanit, PDG du groupe thaïlandais Double A, mercredi à Alizay.
Près d'un an après sa fermeture, l'usine de papier d'Alizay va rouvrir ses portes.
L'achat par le thaïlandais Double A de la papeterie d'Alizay a toutes les raisons de réjouir Arnaud Montebourg.
Le vendeur est en effet le département de l'Eure, qui a acquis cette
usine le 12 décembre dernier. Il s'agit donc, à défaut d'une
nationalisation par l'État, d'un exemple d'une «départementalisation
temporaire» réussie. Le ministre du Redressement productif, qui avait
milité en novembre dernier pour une «nationalisation temporaire» du site
de Florange, s'est donc invité mercredi à la signature de la vente entre le département et Double A.
Cette signature représente, surtout, un soulagement pour les anciens ouvriers de l'usine, qui a fabriqué jusqu'à 800 tonnes de ramettes de papier par jour. 300 d'entre eux, soit 90 % des effectifs, ont été licenciés en mars dernier, lorsque l'usine a été arrêtée par son propriétaire, le finlandais M-Real. En 2011, ce dernier avait mis le site en vente. Devant le peu de candidats, il décide alors de passer à la fermeture, effective en mai 2012. Mais «nous avons obtenu l'accord de M-Real pour pouvoir rechercher des repreneurs par nous-mêmes jusqu'à la fin de l'année 2012», explique Éric Lardeur, représentant CFE-CGC sur le site.
Cette signature représente, surtout, un soulagement pour les anciens ouvriers de l'usine, qui a fabriqué jusqu'à 800 tonnes de ramettes de papier par jour. 300 d'entre eux, soit 90 % des effectifs, ont été licenciés en mars dernier, lorsque l'usine a été arrêtée par son propriétaire, le finlandais M-Real. En 2011, ce dernier avait mis le site en vente. Devant le peu de candidats, il décide alors de passer à la fermeture, effective en mai 2012. Mais «nous avons obtenu l'accord de M-Real pour pouvoir rechercher des repreneurs par nous-mêmes jusqu'à la fin de l'année 2012», explique Éric Lardeur, représentant CFE-CGC sur le site.
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Un site opérationnel:
Les
syndicalistes décident d'aller voir le thaïlandais Double A, qui
s'intéresse au site depuis de nombreux mois mais n'est pas parvenu à un
accord avec M-Real. «Lorsque nous avons étudié les opportunités
d'acquisitions d'usines, Alizay est apparue comme la meilleure tout
simplement parce que c'est un site opérationnel et qui produit du papier
de très bonne qualité», explique Thirawit Leevatorn, vice-président
exécutif de Double A.
Financièrement, il existait cependant
toujours un décalage entre l'objectif de M-Real et les moyens que Double
A voulait consacrer à cette opération. «Nous avons donc été faire un
tour des puissances publiques, explique Éric Lardeur. C'est finalement
le conseil général de l'Eure qui nous a apporté son soutien en
août 2012.» Ce dernier, via son président Jean-Louis Destans, devient
alors l'interlocuteur unique de M-Real. Le 10 décembre 2012, les membres
du conseil général donnent leur autorisation à l'unanimité pour
permettre le portage du site par le département.
4 millions d'euros à la charge du département:
Le
conseil général de l'Eure acquiert donc l'usine pour 22,2 millions
d'euros en décembre. Il l'a cédée ce mercredi à Double A pour
18 millions d'euros. Pour l'instant, le coût de l'opération est donc de
4 millions d'euros pour le département, mais ce dernier pourra en
récupérer une partie car il va prendre en charge la gestion d'un foncier
de 28 hectares. Le démarrage de l'usine est attendu début juin. Double A
s'est engagé à reprendre un maximum des anciens salariés. 200 embauches
auront lieu à court terme. Avec la montée en puissance de l'usine, ce
nombre pourrait monter à 250.
Le groupe thaïlandais a un objectif
de rentabilité à trois ans. «Compte tenu des lourds investissements pour
construire une telle usine, ce rachat représente une belle opportunité
pour un acteur comme Double A, qui explique depuis plusieurs années
qu'il veut se développer en Europe et au Moyen-Orient», explique un
spécialiste du secteur. Jusqu'à présent, le groupe thaïlandais livrait
cette zone à partir de ses usines asiatiques, mais la croissance de la
demande locale rendait ce type d'opération difficile à poursuivre. Il a
donc opté pour un investissement direct.
Ce redémarrage inquiète
toutefois certains concurrents. Dans un marché en contraction, une usine
capable de produire 300 000 tonnes de pâte à papier par an et qui n'a
pas peur de perdre de l'argent à court terme risque de peser sur les
marges de l'ensemble du secteur.
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