Invité du «Buzz Média Orange-Le Figaro», Maurice Lévy, le président du directoire de Publicis Groupe, reconnaît une erreur de communication sur sa rémunération différée de 16 millions d'euros. Publicis devrait avoir réalisé «une bonne année» 2012.
Notre site. (@Philarroque)
- Sur les neuf premiers de l'année, Publicis - troisième groupe mondial
de communication - a enregistré un revenu de plus de 4,7 milliards
d'euros, en croissance de 2,5%. Le quatrième trimestre a-t-il changé la donne?
Maurice LÉVY. (@PublicisGroupe) - Nous
avions déjà publié nos chiffres sur le mois d'octobre avec une
croissance de près de 8 %, qui marquait un rebond. L'inquiétude
concernait les mois de novembre et surtout de décembre. Sans pouvoir
détailler aujourd'hui l'information, je peux vous affirmer que cela
s'est finalement bien passé. La clôture est en cours mais toutes les
indications que nous avons sur décembre sont encourageantes. La crainte
que nous avions de voir des coupures importantes sur les budgets ne
s'est pas réalisée. Nous avons donc un mois de décembre tout à fait
satisfaisant.
En saura-t-on plus mi-février lors de la publication des résultats?
Absolument,
je n'ai pas encore la date exacte, mais nous communiquerons tous les
détails entre le 18 et le 20 février. On peut s'attendre à une bonne
année de Publicis en 2012.
Vous multipliez les
acquisitions dans la communication numérique. Dernière en date, celle de
l'agence LBi pour plus de 450 millions d'euros. Le digital est-il
toujours épargné par la crise?
Nous avons effectivement
conclu l'OPA sur cette agence de manière extrêmement positive, puisque
nous avons obtenu 97,5% de réponses favorables de porteurs qui apportent
leurs titres à l'OPA. Le digital continue de bien se porter, même s'il
ne se porte pas aussi bien qu'il y a quelques années. Nous avions
auparavant des taux de croissance de 15 à 25%, alors que le marché
progresse aujourd'hui plutôt autour de 10 à 11%, ce qui n'est pas si
mal. Mais la France ne connaît malheureusement pas ces taux de
progression. Elle se trouve dans des niveaux de 1 à 2%, voire confrontée
à des croissances négatives dans certaines catégories. La France ne va
pas très bien. La situation n'est pas non plus très brillante dans le
sud de l'Europe; elle se porte un peu mieux vers le nord. Plus on monte
vers le froid, plus les chiffres se réchauffent.
2013 sera à nouveau une année médiocre pour la communication?
On
s'attend à une mauvaise année en Europe, entre -0,5 et 0%. Pour la
France, mon estimation se situe entre -1,5 à -2%. La situation est
douloureuse en particulier pour les médias imprimés. C'est une vraie
préoccupation car il est très important que ces médias aient la
possibilité d'avoir une santé financière bien meilleure. Ils sont
indispensables à la démocratie et à nos opérations commerciales. Si on
regarde du côté des États-Unis, qui représentent 45% des revenus de
Publicis Groupe, la croissance du marché devrait être supérieure à 3%.
Enfin, avec l'agence LBi que nous venons de racheter, nous allons
atteindre 35% de notre chiffre d'affaires dans l'univers du numérique.
Il n'y a pas un seul groupe de communication publicitaire qui est proche
de ce chiffre.
Chaque année, on dit que vous vous préparez à passer la main. Avez-vous trouvé la perle rare pour vous succéder?
Moi,
je l'ai trouvée depuis très longtemps et je sais exactement ce que j'ai
envie de faire. Il se trouve que je ne suis pas le décisionnaire. Cette
décision revient au conseil de surveillance, qui représente tous les
actionnaires. Ce qui se passe est très simple: dans une économie
mondiale chahutée, dans laquelle Publicis se porte très bien, le conseil
se dit qu'il n'y a pas une urgence folle à opérer des changements. On
attend donc un petit peu mais les choses ne sauraient trop tarder. Pour
ma part, j'y suis prêt et je pense que c'est dans l'intérêt du groupe.
Vous
avez dit être humilié par la polémique au sujet de votre rémunération
supplémentaire de 16 millions d'euros versés en 2012. Avec le recul,
cette affaire est-elle une erreur de communication de votre part?
Nécessairement.
Bien que l'on ait fait tout ce qu'il fallait, que tout le monde ait
parlé de cette rémunération différée, y compris Le Figaro,
pendant de nombreuses années, tout le travail de préparation que nous
avions fait n'a servi à rien. Ce n'est pas quelque chose qui est arrivé
soudainement dans le paysage médiatique! Je crois que quand il y a une
campagne politique et que tous les arguments sont bons, rien ne saurait y
résister.
Bourse:
PUBLICIS BSA
15,95€ -2,74%
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